Le réservoir des sens – Nelly Kaplan

 

nelly.jpeg

Je dois rendre ce qui lui appartient à cette remarquable figure germanopratine que j’ai eu le plaisir de rencontrer à Paris, en 1966, non pas à l’occasion de la sortie de ce livre qu’elle avait publié sous le pseudonyme de « Belen » mais dans un vernissage, celui de dessins à la plume de Hans Bellmer, en une galerie de Saint-Germain-des-Près. Vous avez peut-être vu « La fiancée du pirate », sorti en 1969, dans lequel Bernadette Lafont tenait le beau rôle. C’était son premier film de fiction. Il y en a eu d’autres.

Au moment de donner un nom à ce blog, le souvenir m’est revenu de cette rencontre. Nous nous sommes croisées de nouveau lors de quelques soirées. J’ai souvent éprouvé l’envie de ressembler à cette belle personne. Les artistes, les écrivains, dans ces années-là, ouvraient la voie à la révolution culturelle. L’époque était excitante. Toute cette ambiance eut sur la jeune femme que j’étais l’effet « Pygmalion » que vous pouvez imaginer.

Nelly Kaplan parle, dans une lettre adressée à Abel Gance, à propos de leur histoire commune  d’ « une sorte de transmutation alchimique qui fait remonter à l’esprit ce qui a été vécu dans la chair ». Cette liberté de langage, cette insolence, se retrouvent dans le récit érotique et baroque. L’œuvre, et le pseudonyme de Belen, furent attribués par certains à d’autres femmes dont l’expression libre, subversive, permettait de douter. Emmanuelle Riva, Jeanne Moreau, et même Claude Pompidou furent soupçonnées ! Les contes qui composent l’écrit font écho à la tradition surréaliste. Dans les fictions de Nelly Kaplan, les femmes sont vibrantes, voire dominatrices, et les hommes amoureux, ce qui fait percevoir, par le biais cette inversion des écrits érotiques traditionnels, le féminisme de l’auteure.

S’il vous arrivait d’être choqués par cette lecture, sachez que Jean-Jacques Pauvert, suite à l’édition d’un autre roman « Les mémoires d’une liseuse de draps », dut subir les foudres de la censure en 1974.

En 1966, Robert Nyel écrivait pour une autre femme libre, Juliette Gréco « Déshabillez-moi ». 

 

 

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :