Chagall, poète de la couleur

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Je suis allée au rendez-vous que m’avait donné cette année l’épicier de Landerneau.

Michel-Edouard Leclerc, à l’image de Cartier ou de Vuitton, fait partie des vecteurs mécènes de la culture. Faut s’y faire. La loi, à ce propos, interdit d’exploiter les actions de mécénat en vue de retombées commerciales. D’ailleurs, en sortant, je suis allée au petit marché bio. Il faut bien avouer que ce qui est fait dans ce cadre génère des chocs culturels bénéfiques en amenant l’entreprise et le public à se sensibiliser à d’autres thématiques que l’activité productive. Alors, bon ! je vous laisse réfléchir là-dessus.

Toujours est-il que Landerneau a eu ma visite le mois dernier. Je suis certaine que cette nouvelle vision sur le travail de Marc Chagall, offert à la vue du grand public, aura contribué à entretenir la mémoire de cet artiste exceptionnel. Chagall a passé sa vie à peindre et la reconnaissance de son œuvre est mondiale. Mais le connaît-on comme poète, comme graveur, illustrateur ? Ami proche de Cendrars, d’Apollinaire, de Malraux, d’Aragon, il a laissé avec eux un message de liberté et d’humanisme. Les quelques centaines d’oeuvres réunies dans cette exposition relatent ce parcours de façon très adroite, mettant en relief les thèmes et les événements qui marquèrent la vie de Chagall : la révolte, la guerre et l’exil. On peut également admirer les dessins et gravures réalisés pour de grands livres tels que ceux de Jean de la Fontaine, de Gogol, la Bible…

C’est André Malraux qui parle si bien de son ami, « sur les chemins de la poésie et dans le grand jeu de la couleur ». J’ai suivi, en me promenant dans ce très bel espace, la vie de cet artiste. Né dans une famille juive en 1887 en Russie, il représente ce pays dans beaucoup d’œuvres de style naïf. Accueilli par Paris à 24 ans, il peint le portrait de la femme qu’il aime, Bella. Malgré les influences du fauvisme, du cubisme, il n’adhèrera jamais pleinement à un mouvement ou à une école. La première guerre mondiale éclate et il retourne en Russie. Il est contraint d’y demeurer. Il se marie avec Bella, prend la direction d’une école d’art. Revenu à Paris en 1922, il exécute des illustrations pour les Fables de la Fontaine (gouaches) et pour « Les âmes mortes », de Nicolas Gogol (eaux-fortes), ainsi que des illustrations pour la Bible. Il tentera de fuir l’antisémitisme en prenant la nationalité française mais il est arrêté en 1941. Il rejoint les Etats-Unis où il perd sa femme. En 1945, il s’éprend de Virginia Haggard. Leur fils deviendra le musicien David McNeil. Après la guerre, il revient et s’installe à Vence, et se marie avec Valentina Brodsky. Ses techniques se diversifient (décors de théâtre, mosaïques, vitraux, costumes d’opéra…). Il est décédé à Saint-Paul de Vence en 1985;

J’ai vu défilé les événements de cette vie au cours de la visite que j’ai faite à la Fondation Hélène et Edouard Leclerc. J’ai compris pourquoi son art est universel. J’ai apprécié d’observer de près la transparence exceptionnelle de ses bleus, les tonalités sombres et moroses de la série « la guerre et l’exil », son approche de certaines techniques comme le pointillisme, avec lequel il semble flirter dans les tableaux qu’il exécute en Provence.

Le titre de cette exposition, « De la poésie à la peinture » illustre bien le message du peintre qui nous livra, ainsi, son message de liberté.

 

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