Illska – Le Mal, Eirikur Orn Norddahl

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Illska, en islandais, ça veut dire simplement « le Mal ». Rien que ça. Grand livre politique, selon l’avis du DV Daily, journal Islandais. C’est aussi le mien. C’est un livre cruel, écrit par quelqu’un qui sait que l’on ne peut dissocier l’idéologie et l’histoire. Les générations se succèdent et on risque de se perdre en découvrant d’où l’on vient. L’auteur écrit sans manichéisme, interroge l’histoire du nazisme et les idées actuelles qui en sont les avatars. Il le fait avec une remarquable écriture, prenant pour prétexte une rencontre assez banale. Agnès tente de rédiger un mémoire de licence sur l’holocauste nazie. Le sujet la touche de près, puisque sa famille possède des racines dans une ville en Lituanie, Jurbarkas, dont la population multi-ethnique souffrit du climat nationaliste dans les années 30, qui fut occupée par l’Union Soviétique en 1940, qui finalement fut envahie par l’Allemagne nazie en 1941. Omar, lui, cherche du travail, sans beaucoup d’énergie. Un peu déboussolé, il fait n’importe quoi, sans repères et sans confiance. Ils se mettent en couple, mais Agnès rencontre, dans le cadre de sa recherche, Arnor, néo-nazi très cultivé, loin de l’image habituelle du raciste idiot, avec qui elle entretient une liaison difficile, nourrie par le questionnement et la fascination qu’elle éprouve. Cette double vie mène à la naissance de Snorri dont on ignore la paternité. Omar quitte l’Islande pour un voyage erratique, Agnès se rend en Lituanie pour y retrouver un peu de la famille qui lui reste peut-être…

L’auteur choisi de changer à chaque chapitre de voix narrative, de point de vue, de temps, de lieu. On suit tour à tour Agnès, dont le mémoire ne se termine pas, Omar, rongé de remords parce qu’il a violé une fille un soir de cuite, Arnor, populiste, extrémiste, avec quelques casseroles lui aussi, et même le bébé qui donne son point de vue. Cette construction particulière en fait un livre polyphonique, entre récit historique, fiction et ouvrage philosophique. Ce n’est pas du repos, pour suivre tout ça, mais voilà : le talent d’Eirikur Orn Norddahl (ouf, j’ai du mal à écrire son nom et je ne m’en souviendrai encore pas demain !) c’est de nous montrer comment les faits se lient, comment l’histoire forge nos vies, nos destins. C’est déroutant, mais passionnant.

On connaît Bjork, et il aurait été trop facile de vous livrer une de ses chansons. Je l’écoute toujours avec plaisir. Mais je ne connaissais pas ce compositeur-interprète islandais. qui a sorti l’album « In the Silence ». Je viens de le découvrir. J’aime beaucoup.

Bonne lecture, et bonne écoute.

Asgeir Trausti – Heimförin

 

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