Deux ans, huit mois et vingt huit nuits, Salman Rushdie

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Mille et un jours, mille et une nuits, c’est à dire deux ans, huit mois, vingt huit nuits. Comptez si vous voulez. Salman Rushdie nous revient après trois ans de silence. L’auteur est qualifié de « réaliste magique », appellation utilisée par la critique littéraire depuis 1925. Ce mouvement concerne des auteurs qui mélangent entre eux des éléments historiques , géographique réels et faits surnaturels. Le cadre est vraisemblable, mais les histoires qui s’y déroulent sont oniriques. Le Colombien Gabriel Garcia Marquez est considéré comme une référence du genre avec son roman « Cent ans de solitude », paru en 1967.

A la suite d’une fatwa décrétée par l’Ayatollah Khomeini après la publication des « versets sataniques », en 1988,  Rushdie est devenu un symbole de la liberté d’expression.

Dans ce dernier récit, le surnaturel et les forces de l’esprit s’opposent dans une guerre entre le bien et le mal. Vous connaissez les djinns, n’est-ce pas, vous y croyez, bien sûr, et vous ne manquez certes pas d’y penser lorsque vous voyez une sorte très précise de lampe. Il existe de bons djinns et des malfaisants. Salman Rushdie, comme vous et moi, les connaît bien. L’histoire qu’il nous conte aujourd’hui est celle, au XIIème siècle, du philosophe andalou rationaliste Averroès et du théologien perse Ghazali, doctrinaire et austère. Il s’agit, autrement dit, de la lutte entre les illusions de vérité et celles de l’incohérence. N’oublions pas Dunia, surnaturelle, fille du peuple des djinns qui tombe amoureuse, je la comprends, du philosophe. On le sait bien, dira l’auteur en digression, que les djinns aiment forniquer avec les humains ! Des siècles plus tard, à notre époque, on la retrouve, bébé magique enveloppé dans un foulard indien, à New York. La voilà amoureuse pour une deuxième fois. Mais l’esprit de Ghazali sévit toujours, vous le savez. Alors la belle s’en mêle, combattant les mauvais djinns,  à qui l’on doit l’obscurantisme et les dérèglements du monde.

« Ce récit est à la fois espiègle, profond », sont les mots qu’emploie Didier Jacob, de l’Obs. On ne peut qu’être d’accord, à lire tel ouvrage, qui lie le Candide de Voltaire aux Contes des Mille et une Nuits, les traditions millénaires et la culture populaire à l’actualité.

Avec son imagination fabuleuse et réjouissante, Salman Rushdie exploite son héritage de conteur oriental, faisant agir la littérature contre la bêtise et l’obscurantisme. J’admire cet auteur pour sa créativité remarquable et sa pertinence face aux fléaux qui embrasent le monde.

On a tous en nous quelque chose de Shéhérazade.

Du luth, s’il vous sied, afin d’accompagner la belle épopée. Mohamed Abozekry and Heejaz, groupe instrumental franco-égyptien, reçut en 2009 le premier prix du concours international de oud a Damas. Je vous laisse en bonne compagnie.

Mohamed Abozekry and Heejaz

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