Des vies d’oiseaux – Véronique Ovaldé

téléchargement.jpg

Des mots doux pour des vies dures.

Il y a Paloma, la fille, qui, comme un petit serin qui profite de l’ouverture de la cage, a fui la maison familiale, s’envolant avec un drôle d’oiseau. Adolescente rebelle, elle a profité du passage du mauvais garçon, l’a suivi. Ce n’est pas étonnant, me diront les filles qui, fatiguées de l’ambiance domestique, harcelées par amour ou par maltraitance, ont fait pareil. On croit tomber amoureuse de l’étranger, mais c’est juste qu’on a senti le vent dans ses cheveux, qu’on a vu l’océan dans ses yeux. C’est comme ça qu’elles partent, bien souvent, les filles. En plus, certaines finissent, comme Paloma, par plaindre leurs mères, ces reines du déni qui, soumises ou jacassantes, n’ont peut-être pas vécu leurs vies.

Il y a Vida, la mère qui s’ennuie, qui voit que sa cage dorée se lézarde, qui se souvient de la vie libre qu’elle menait dans le village sans loi d’où elle vient. Elle a peur de comprendre pourquoi sa Paloma est partie. Elle aimerait tout recommencer, tout reprendre à zéro, et, pour ça aussi, se réfugie sous d’autres ailes.

Et puis il y a Adolfo, le coucou, le mal aimé, qui n’a pas eu de nid, Osvaldo qui se prend pour un aigle, qui refuse d’y laisser des plumes et Taïbo, beau et solitaire comme un dodo, qui se sent en voie de disparaître, tant son travail de policier est inutile.

Tous ces oiseaux se croisent, chantent des trilles bien différentes, dans cette histoire à l’ambiance étrange, au rythme un peu lent. Dans ce coin d’Amérique latine réinventée, c’est un vol au-dessus de la colline Dollars, de verre et de béton, au dessus du village pauvre d’une pampa nonchalante, de planches et  de tôles.

« Des vies d’oiseaux » est une oeuvre poétique, qui fait, si l’on marche dans toutes les combines métaphoriques, prendre un peu de hauteur. Je ne me suis pas envolée, mais j’ai passé un bon moment, car l’écriture de Véronique Ovaldé est toujours aussi exacte, pure et délicate, gracieuse.

Avec ça, vous prendrez bien quelques chose de léger, n’est-ce pas ?

Eric Satie a, comme Véronique Ovaldé, une façon très particulière de conférer de la plénitude aux choses les plus simples. Le tempo est ironique, irrégulier, fantasque. Le pianiste Daniel Varsano nous livre une interprétation de cette musique un peu inquiète et désespérée, comme la vie des oiseaux.

Daniel Varsano – Gymnopédies – Eric Satie

varsano.jpg

Un commentaire sur “Des vies d’oiseaux – Véronique Ovaldé

Ajouter un commentaire

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :