City on fire, Garth Risk Hallberg

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Il aurait pu, pensai-je au moment de commencer ce roman, trouve un autre titre. Celui a été utilisé bien des fois. Ou bien, Elisabeth Peelhaert, sa traductrice, aurait fait le boulot.
(Oui, c’est vrai, traduit mot à mot, c’est pas terrible !) Mais bon, impossible, toutefois, de confondre ce récit magistral avec aucune œuvre connue. Et puis, après coup, j’ai compris : ce titre est aussi, inscrit en abyme, celui d’un morceau de musique composé par un des personnages de l’histoire.

New-York s’apprête à fêter une nouvelle année : un cocktail plutôt mondain chez les Hamilton-Sweeny, un concert punk pour Charlie, un rendez-vous mystérieux dans Central Park pour Samantha, un carton d’invitation dans les mains de Mercer, qui hésite… Leurs histoires vont alors s’entremêler et entraîner le lecteur dans tous les quartiers de la Grosse Pomme et dans ses infimes recoins. Fresque urbaine, « City on fire » fait revivre les années 70 de la ville, violente, hétérogène, opulente et si énergique. L’intrigue, qui débute le 31 décembre par un coup de feu dans le brouillard neigeux de Central Park, se termine le jour du fameux « black out » de juillet 1977, panne générale qui plongea la cité dans le noir pendant des heures. Samantha, jeune rédactrice et photographe d’un fanzine consacré au tout jeune mouvement punk, William, héritier camé d’une riche dynastie newyorkaise, punk et plasticien, Mercer, son amant noir, professeur, Charlie, adolescent banlieusard, amoureux, et tant d’autres, se croisent, s’aiment, se fâchent, tous décrits avec empathie et avec le souci du détail. C’est brutal et anarchique, et c’est assez excitant de se plonger dans le rythme speedé du Pop Art, sur les trottoirs grouillants et dans le métro assourdissant, dans la noirceur des squats et des friches industrielles aux murs couverts de graffitis. La structure du récit, qui s’étale sur environ 1000 pages, est originale, organisée en plusieurs livres, ponctuée, comme des interludes, de documents, lettres, magazines, mails, photos. Ce stratagème littéraire fournit au lecteur des indices annonçant le dénouement de l’intrigue. Ce style très dense varie avec les personnages, apportant ainsi le souffle qui lui était nécessaire. Tout ça fait une belle histoire que je recommande de lire.

Avec ça, je vous propose, bien sûr, du punk rock ! Ce roman m’a donné l’occasion de retrouver l’extraordinaire Patti Smith. Mais j’ai choisi pour vous un morceau des Ramones, souvent cités comme le premier groupe de punk, qui enregistrèrent en 1976, année où « City on fire » débute, « Sheena in punk rocker ». Ah, ça envoie du lourd ! Et Joey Ramone, belle allure, perfecto et lunettes noires, wahouh, était encore bien vivant.

Sheena is a punk

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