Le miel d’Harar, Camilla Gibb

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Lilly ne sera jamais chez elle. Impossible, pour l’enfant, de trouver une place dans une famille, dans un village ; impossible, pour la femme qu’elle devient, de n’être que celle dont on se méfie. Lilly est une exilée, à Harar, à Londres. Femme,  musulmane, blanche, elle est constamment tenue à l’écart de la société.

L’histoire touchante de Lilly est celle d’une éternelle étrangère. Née de parents britanniques irresponsables, bohèmes et excentriques, elle est orpheline à six ans. Confiée à la garde et à l’éducation d’un maître soufi, elle est instruite d’un Islam tolérant et ouvert, mais exigeant. Cet enseignement sera son soutien. Harar, en Ethiopie, est une ville sainte de l’Islam. Elle s’y rend, adolescente, poursuivant  son cheminement intérieur vers sa spiritualité. Confrontée dans un premier temps à la méfiance, au rejet, puisqu’elle est blanche, elle devient enseignante du Coran, de la langue anglaise, auprès d’enfants pauvres, puis trouve l’amour. Des années plus tard, elle est contrainte, par la situation politique éthiopienne qui fait basculer la société dans le sang et l’horreur, de quitter le pays pour se retrouver à Londres. Là, au sein d’émigrés réfugiés éthiopiens, elle se heurte de nouveau aux difficultés de l’exil, au repli communautaire, au durcissement de la religion vers l’intégrisme. Elle tente de reconstruire sa vie, de faire le deuil des couleurs et des odeurs d’Harar, de l’amour qu’elle y a vécu.

Camilla Gibb est Canadienne, anthropologue et s’est intéressée au Moyen Orient, à l’Islam, au soufisme. Elle écrit en langue anglaise, traduite ici par Paule Noyart. Elle a vécu en Ethiopie et nous décrit la révolution, la famine s’acharnant sur des populations innocentes, qui a eut lieu dans ce pays. Son écriture, bienveillante, poétique, rend complice le lecteur.

Pour illustrer l’histoire de cette femme, j’ai choisi de vous faire écouter la voix de miel de Rokia Traoré. Elle est malienne, auteur et compositeur. Son père, diplomate, l’a fait beaucoup voyager. Son style artistique s’inspire de la tradition malienne, avec des instruments tels que le balafon, le djembé. Cependant, loin des canons esthétiques établis, sa voix est libre. Très influencée par Billie Holiday, elle a participé aux Etats Unis à un spectacle consacré à cette chanteuse (Billie and me). Les festivals français tels que « Musiques métisses », d’Angoulême, « Les Suds », en Arles, l’ont reçue avec succès.

« Né so », ça veut dire « chez moi ». C’est le titre de l’album, dont est tirée ce morceau, « Ilé »

Né so – Rioka Traoré

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