Nous dînerons en français, Albena Dimitrova

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Pour son premier roman en français, Albena Dimitrova nous livrait en 2015 un récit magnifique, histoire d’une passion amoureuse  entre une très jeune fille, Alba, encore lycéenne, et un homme mûr, Guéo, qui doit livrer au Politburo un ensemble de propositions vitales pour la relance de la politique communiste.

Guéo, apparatchik bulgare de cinquante cinq ans, a une épouse, fille d’un général influent, une maîtresse officielle, qui, sans doute, est chargée de le surveiller. Il rencontre la narratrice, Alba, admise exceptionnellement dans un hôpital réservé aux privilégiés du régime. Elle souffre d’une paralysie récurrente, qui la rend claudicante, alors que  lui est déprimé, épuisé, soigné par électrochocs. Très vite, ils deviennent amants et ne peuvent plus vivre l’un sans l’autre.

Pendant que le régime politique se délite, leur amour se nourrit de rencontres discrètes mais surveillées, dans des maisons de repos du bord de la Mer Noire, des cercles, des résidences réservées aux élites du gouvernement.  Guéo est de plus en plus harcelé par les services de l’Etat qui attendent le fameux rapport tout en redoutant le contenu, dans ces moments extrêmement troubles, dernières années du régime en place,  juste avant que ne tombe le mur de Berlin. La liaison dure quelques temps, mais l’étau se resserre et Alba doit fuir, après une grossesse interrompue de façon sordide. C’est Guéo qui l’aide à partir, lui donne rendez-vous à Paris pour un premier dîner en français.

Le rapport Guéo ne sera pas rendu. Le lecteur le trouvera néanmoins en annexe.
Cette auteure, d’origine bulgare, dira, dans une interview accordée à France Inter, « J’écris en français des histoires bulgares. J’ai gardé l’accent ». C’est en effet une écriture très originale, déroutante mais agréable, en décalage, par moments, avec le Français classique.

L’atmosphère décrite est également étrange, la ville grise de Sofia et de ses environs ruraux, des Tziganes des rives de la mer Noire, dans cette période déraisonnable que vit le pays.

C’est de Paris, où elle est exilée, qu’Albena raconte cette liaison. Le désordre de ses souvenirs fait écho à celui qui précède la chute du régime.
Une belle histoire d’amour, charnelle, tragique et troublante, portée par la musique de Beethoven, dirigée par Karajan, qui s’échappe du vieux lecteur de cassette, dans la chambre des amants.
Beethoven – Karajan
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