A Burano, on fait dans la dentelle

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Quand vous serez à Venise, prenez le bateau à l’embarcadère de Fondamente Nove. Vous longerez San Michele, qui fut une prison. C’est un cimetière, maintenant, on y trouve la tombe d’Igor Stravinsky, des églises, bien sûr, et de la vigne. Arrêtez-vous à Murano, l’île des souffleurs de verre, réputés depuis le XIIIème siècle et installés là pour éviter de mettre le feu à Venise. Murano, c’est l’île des frasques de Casanova, qui donnait y rendez-vous aux nonnes.

Ensuite, cette jolie navigation dans les vaguelettes de la lagune vous mènera à Burano. L’île parait si tranquille, loin de l’agitation des quartiers touristiques de Venise ! Des barques, ici, pour se promener dans les canaux. Pas de bruit des moteurs. Les petites maisons sont toutes peintes de couleurs vives ; on dit que ce sont les femmes des pêcheurs qui prirent l’habitude de faire des petites surprises à leurs maris en changeant de temps en temps les couleurs des habitations. Par temps de brume, les maris pouvaient voir leurs maisons, éclatantes de couleurs.

Les mains fortes des pêcheurs et les doigts agiles des dentellières racontent la vie ici. Depuis le 15ème siècle, la dentelle à l’aiguille, le fameux point de Venise, est produite à Burano. On dit que le geste habile est venu aux femmes grâce à l’habitude de repriser les filets, et que l’idée leur est venue en copiant l’élégance d’une algue de la lagune. Quand la pêche s’appauvrit, comme en maints lieux, la dentelle fait vivre l’île. Au 19ème siècle, après l’occupation autrichienne, la population était dans la misère. Le savoir-faire, en matière de dentelle, disparaissait aussi. En 1872, une école s’ouvrait, afin de conserver cette magnifique tradition. Le Punto in Aria (point en l’air) revivait. Aux seuils des petites maisons colorées, on pouvait de nouveau apercevoir les femmes qui brodaient à l’aiguille. Cette façon particulière de travailler est très raffinée. On  y a produit les plus belles d’Europe, notamment pour la cour de Louis XIV, qui, jaloux de ce savoir faire, en interdit l’importation. Il créa pour cela, afin d’imitation, la manufacture royale des dentelles françaises. Maintenant, elles sont vendues dans des boutiques dans lesquelles il est très difficile d’acheter une pièce authentique car, malheureusement, on y trouve aussi des articles faits en Asie.Notez que pour broder une nappe, il faut à peu près deux ou trois ans !

Consolez-vous. Si vous aviez pu acheter une vraie pièce de dentelle de Burano, vous n’auriez plus de quoi déjeuner… Passez alors un moment au marché aux poissons, à une table sans nappe. Avec un bon petit verre, vous dégusterez une anguille ou de la sèche. Ne vous étonnez pas de voir que le campanile de l’église de San Martino penche un peu. Ce n’est pas l’effet du vin, c’est juste que le terrain n’est pas très stable !

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Un commentaire sur “A Burano, on fait dans la dentelle

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  1. Burano et ces maisons colorées … une explosion de couleurs ! Est-ce une légende ou une réalité ? Il paraît que les femmes de l’île peignaient leur maison de couleurs vives afin que leur maris pêcheurs les voient de loin !
    Ne pas hésiter à déambuler dans les ruelles, longer les canaux et même s’y perdre pour profiter du calme qui règne sur cette île.

    J'aime

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