Chek-point, Jean-Christophe Rufin

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 1995. Au volant du camion d’une ONG, la jeune Maud, accompagnée de quatre hommes, se perd sur les routes boueuses de Bosnie en guerre. Le convoi est sous haute tension. Quinze tonnes de matériel, dans les montagnes, dans le froid, doivent être livrées à Kakang, située après-l’enclave du Bihac, où des populations se réfugient dans des mines. Les check-points, aux lignes mouvantes, obéissent à des petits chefs locaux. L’entente, dans la cabine du lourd véhicule, est peu cordiale. Des tensions fortes se font jour, au travers de personnalités fortes, des convictions parfois peu claires. Maud, idéaliste, naïve, s’est embarquée dans l’aventure humanitaire pour fuir son mal-être, un climat familial difficile. Dans ce huis-clos roulant, les masques de ses compagnons tombent très vite, se révèlent ancien barbouze, agent de renseignement… La réalité du terrain nécessite de composer avec les idéaux, et le mythe du volontariat généreux et idéaliste vole en éclat dans le conflit qui se trame dans la cabine du camion.

Jean-Christophe Rufin sait de quoi il parle, puisqu’il fut un des pionniers de Médecins Sans Frontières. En tout cas pour ce qui concerne les questions posées au sujet de l’engagement humanitaire. Le débat, provoquant, est ouvert : doit-on apporter aux populations une aide matérielle en alimentation, en médicaments, ou fournir des armes pour sortir du conflit ? Aider à vivre ou aider à vaincre ? peut-on rester neutre ? L’engagement change de forme, précise cet auteur dans la post-face. Pendant longtemps, écrit-il, nous nous sommes rêvés bienveillants, généreux, charitables. Les citoyens qui s’engageaient le faisaient avec les idéaux d’humanité, d’impartialité, de neutralité. Si le discours de l’auteur, à ce propos, est pertinent, l’histoire d’amour sans intérêt, on peut dire « à l’eau de rose », improbable, est nettement moins convaincante, et pour tout dire inutile.

Ecoutez la musique que Georges Auric composa pour le film de Henri-Georges Clouzot, « Le Salaire de la Peur ». On lui doit beaucoup de musiques de films, comme « La Belle et la Bête », « Du Rififi chez les Hommes », et même « La Grande Vadrouille », mais je n’aurais pas osé !

Le Salaire de la Peur – Georges Auric

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Un commentaire sur “Chek-point, Jean-Christophe Rufin

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  1. Aider à vivre ou aider à vaincre ? peut-on rester neutre ? C’ est la question que se posent sans doute toutes les personnes qui arrivent sur un terrain en guerre. Là, je pense à des amis qui partent dimanche prochain pour le Burkina. Certes, ce n’est pas un pays en guerre mais il faut traverser le Mali et ces chek-points les traumatisent.

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