Le chardonneret, Donna Tartt

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Le petit tableau du XVIIème siècle, peint par le talentueux Carel Fabritius*, est au centre le l’histoire. Théo, le narrateur, a tout juste treize ans lorsqu’il perd sa mère dans un attentat au musée qu’ils visitent ensemble. Alors que règne la panique dans le bâtiment dévasté, le jeune garçon, cherchant sa mère, rencontre un vieil homme atteint gravement, mourant, qui lui confie une adresse et une bague. Il est là le fameux petit tableau, et, avant de sortir, Théo le prend, le met dans son sac. Pas difficile d’imaginer le traumatisme provoqué à la fois par la perte violente, par le secret confié, par le vol du tableau ! La force de Donnna Tartt, c’est cet imaginaire infini, cet art de raconter les faits et les sentiments de façon si précise. A New York,  à  Las Vegas, à Amsterdam, l’intrigue se mène, accrochant çà et là un enseignement sur les effets de l’art sur les êtres,  sur l’attachement aux choses. Drôles d’oiseaux, Théo et son chardonneret devenus intimes dans leurs errances, de l’atmosphère bourgeoise de Park Avenue, où il est choyé, jusqu’à l’aridité de Las Vegas où l’attend un père irresponsable, joueur et arnaqueur. L’oiseau est retenu au perchoir par une petite chaîne, dans la représenation du peintre flamand. Dans celle de Donna Tartt, Théo est lui aussi retenu par les chaînes de la culpabilité, rescapé de l’attentat qui a tué sa mère. Il se libère et se construit peu à peu, faisant les bons choix et les très mauvais, au cours d’un récit sensible, tragique, qui va jusqu’au thriller. L’amitié qui le lie à son ami Boris, éblouissant et créatif, sa rencontre amoureuse avec Pippa, le conduisent, de manière différente,  à la perte de son innoncence. 

C’est un gros livre qui s’étire quelquefois en longueurs, devient, dans quelques chapitres, un peu tortueux, même sous la fine plume de l’auteure. Mais les hasards et les coïncidences, tellement romanesques, les biographies des personnages taillées au millimètre, sont utilisées dans l’intrigue de manière si adroite qu’il est bien difficile d’abandonner une telle lecture. La fin m’a un peu ennuyée, cependant : les réflexions d’ordre philosophique, à propos du bien et du mal, la vie, la mort, l’amour,… ce n’est ni original ni utile à l’histoire.

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*Le Chardonneret est un tableau peint par Carel Fabritius, élève de Rembrandt, en 1654.  Il mesure 33,5 cm de haut sur 22 8 cm de large. Il est conservé au Mauritshuis à La Haye aux Pays-Bas. Carel Fabritius est mort lors de l’explosion d’une poudrière, à Delft. Le Chardonneret à été retrouvé dans les décombres de l’atelier du peintre.

J’ai choisi de vous faire écouter ce morceau de Philip Glass. Son titre est éloquent.
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Philip Glass – Greey cloud over New York

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