Bonbon Palace, Elif Shafak

2016-31-12-14-33-03

La Turquie vit actuellement dans un climat de violence et d’incertitude. Cependant, le 20 décembre, on inaugurait à Istambul un tunnel routier reliant les deux rives de la ville. Dans le même temps, on assassinait le diplomate russe Andreî Karlov. Le 29 décembre, le tribunal d’Istambul ordonnait la remise en liberté de la romancière Asli Erdogan*, militante du PKK, engagée pour la lutte des Droits de l’Homme et des minorités. L’actualité de ce pays au président sultan, entre démocratie et répression, m’a fait tourné le regard vers Elif Shafak.

Si Istambul me fait encore rêver,  j’ai néanmoins raté ce rendez-vous avec une ville qui, j’en suis sûre, m’aurait conquise. Les récits et romans de Elif Shafak, née de parents turcs, à Strasbourg, ont participé à cette attirance pour ce pays. Elle a vécu à Madrid, à Amman, aux Etats-Unis, et réside maintenant en Turquie. Pas étonnant qu’elle soit capable de mélanger traditions occidentales et orientales. Militante féministe, elle avait essuyé quelques tempêtes sévères, poursuivie en justice à la suite du roman, devenu best-seller, « La bâtarde d’Istambul » publié en 2006.

Le récit, publié en langue turque,  traduit par Valérie Gay-Aksoy. a été publié en 2009. Le titre, alors, parlait plutôt de poux. L’immeuble dont il est question se trouve dans la rue Junal, au 88, exactement, et, en effet, il est infesté de bestioles peu engageantes. Construite par un Russe pour son épouse addicte aux sucreries (nous y voilà !) l’immeuble, jadis élégant, tombe en décrépitude. L’héritière l’a divisé en appartements et, avare, refuse de l’entretenir correctement. Chapitre après chapitre, on entre dans un appartement, puis dans un autre, et secrets, cachotteries, nous entraînent dans des ambiances différentes selon les occupants. C’est une manière ingénieuse et très pédagogique de faire découvrir au lecteur les multiples facettes de ce pays. Traditionnels ou modernes, sages ou délurés, pieux ou athées, névrosés, hystériques, dans une Istambul ouverte, multiculturelle et loin des clichés, les locataires sont décrits par un jeune professeur divorcé, désabusé, qui lui même habite le bâtiment. En suivant ce mélange baroque de portraits savoureux, on se trouve face à un conteur à l’imagination débordante. Ce qui provoque parfois une lecture un peu difficile, faites de descriptions, de caricatures de personnages, de digressions et de situations rocambolesques, sans scénario, juste une suite d’événements quotidiens, avec un seul fil rouge, l’odeur des poubelles colonisées par les insectes. Le dénouement, dans la tradition du conte, est inattendu, surprenant, comme il doit au genre.

*Malgré son nom, elle ne partage pas de lien familial avec le président turc.

Ecoutez Tarkan. Né en 1972 en Allemagne, il est surnommé « Le Prince du Bosphore ».  Sikidim , c’est une onomatopée turque qui désigne le bruit des doigts que l’on claque.

Sikidim – Tarkan

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