Ce vain combat que tu livres au monde, Fouad Laroui

Ce vain combat que tu livres au monde - couv

« Ceci n’est pas un roman », pourrait-on dire en paraphrasant Magritte.  Car Fouad Laroui livre ici plutôt un essai, exploration des mécanismes qui mènent à la radicalisation, avec pour objet d’étude le parcours d’Ali, marocain de naissance, brillant ingénieur, qui vit à Paris avec Malika. L’entreprise d’aéronautique, dans laquelle il est considéré comme un des plus performants sur le plan informatique, écarte Ali, en prétextant ses origines marocaines, d’un projet sensible dont il était le responsable. Déçu, il est livré au désespoir et, en pleine déprime, sous l’influence d’un cousin plus croyant que lui, se tourne vers la pire des solutions. Il saccage sa vie de couple, sa vie. Le parcours s’opère en un glissement qui finit dans les larmes et le sang, à Raqqa, en Syrie.

Le cheminement d’Ali vers le radicalisme m’a semblé un peu vite expédié, au profit d’une explication historique qui nourrit sans conteste très habilement la réflexion, donnant de précieuses et pertinentes indications sur les raisons de la méfiance d’une partie de la population française sur tout ce qui touche l’Islam, sur les germes de la doctrine radicale. Fouad Laroui parvient, avec la distance nécessaire, à l’observation précise des étapes de la radicalisation, évoque, en s’éloignant adroitement des causes religieuses,  les décisions prises en Europe au début du vingtième siècle, les politiques territoriales, remodelage du Moyen-Orient, les promesses non tenues de Lawrence d’Arabie, la faute du consul des Etats-Unis en Irak Paul Bremer, et l’échec de Nasser. Il donne ainsi des raisons au Monde Arabe de s’ériger en victime, aborde mensonges et trahisons qui bouleversent aujourd’hui nos existences. Ainsi, les vies de Malika et Ali sont prises dans les filets d’événements qui les dépassent.

Puisque ce n’est pas un roman, malgré l’annonce de la première page,  on peut être déçu par la partie romanesque. On s’attache, au début de l’histoire, à ce jeune couple de « bobos », intéressé par la description des rapports humains et des sentiments éprouvés. On aurait voulu les suivre d’un peu plus près, prolonger le plaisir de scènes décrites avec le talent d’un metteur en scène de théâtre,  qui fait même écho à Tartuffe (« Cachez ce sein que je ne saurais voir !) ».

Je vous invite à l’écoute de Mokless, membre du groupe français hip-hop « Scred Connexion », (Discret, en verlan) formé au début des années 90.

Reviens parmi nous – Mokless

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