L’Insensé, Morgan Sportès

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Ce livre, publié en 2002, vient de retrouver les rayons de ma bibliothèque. L’ami auquel je l’avais prêté l’a mis sur le dessus de la pile qui attend sur mon bureau.  La couverture de cette édition de poche, montrant un détail d’une oeuvre de Georges Grosz , « L’agitateur », peinte en 1928, attire mon regard. C’est l’occasion d’en parler aujourd’hui, et, en le feuilletant pour le réveiller à ma mémoire, je revois ce Herr Doktor, -il s’agit bien d’un agitateur- se baladant de bar en cabaret dans le Tokyo des années les plus folles du siècle dernier. Le Japon est alors allié au régime allemand nazi et notre homme, correspondant de presse pour un journal de Francfort, séducteur, corrupteur de fonctionnaires, boit et dîne à tous les râteliers et engueule tout le monde. Tourmenté, cynique, fatigué de nuits blanches et d’alcools forts, il est bien sûr proche de l’Ambassadeur d’Allemagne et plus encore de son épouse, intimité qui sert sa participation active au service d’un réseau communiste. Très influent, au courant de tout ce qui se trame, il trompe les Allemands, se moque des Japonais, entretient quelques maîtresses et joue avec sa vie.

L’histoire de ce héros flamboyant, inspiré d’un personnage réel, Richard Sorge,  est menée tel un roman policier, ce qui rend le récit à la fois divertissant et très instructif, car Norman Sportès relate ici des événements précis. Comme on est plongé dans un mode compliqué, on se perd quelquefois dans les codes, les langues utilisées, les noms de personnages très nombreux qui d’ailleurs, agents doubles voire triples, changent de noms, dissimulent leurs visages et leurs âmes, évoluent dans ce Tokyo à la fois moderne et archaïque. C’est effectivement « insensé », lyrique et fou, comme la période et le monde qu’il décrit.

Morgan Sportès a été récompensé par le prix Interallié, pour son roman « Tout, tout de suite », en 2011.  Ses romans, souvent politiques ou anthropologiques, décrivent et mettent en scène la société et les événements. Auteur d’une vingtaine d’oeuvres, il sert tous les genres, historique, comme « l’Insensé », policier, satire, thriller…

Une bonne raison, tiens, d’écouter Marlène Dietrich ! « Lola » est tirée du film,  de Joseph Sternberg, « L’ange bleu », réalisé en 1930.

Marlène Dietrich – Lola

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