Mille soleils spendides, Khaled Hosseini

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On doit le titre de ce livre, dit l’auteur, à un poète persan du XVIIème siècle, Saïd-e-Tabrizi. Ces soleils se veulent symboles d’amour  de générosité, d’amitié, à travers les portraits et le parcours de deux femmes afghanes qui rêvent de liberté.

J’avais été éblouie par ces mille soleils. Ils m’avaient un peu, beaucoup, brûlé les yeux, et le coeur. Et pourtant, je les avais oubliés dans un coin de ma bibliothèque. Voilà que revient en ma mémoire cette histoire tragique,  de Mariam, de Leila, qui se déroule à Herat, petite ville afghane, puis à Kaboul, dans ce pays occupé par les Soviétiques à partir de 1979, pendant une dizaine d’années, puis par les Talibans jusqu’en 2001.

Mariam, à quatorze ans, illettrée, bâtarde, reniée par ses parents, doit accepter d’épouser un homme de quarante cinq ans, Rachid, violent et misogyne, une brute, en somme, qui l’humilie et la bat, puisqu’elle ne lui donne pas le fils qu’il espère. Alors, il prend Leila, rescapée des bombardements de Kaboul, pour seconde épouse. La jeune fille est instruite, contrainte de se marier, puisqu’elle est enceinte. Bien sûr, au début, la jalousie s’installe entre les deux femmes, mais Leila se révèle, elle aussi, incapable de satisfaire le tyran, puisqu’elle accouche d’une fille ! Au coeur de la guerre afghane, dans le bruit des bombes, les cris et les pleurs, la burka est lourde dans la chaleur étouffante de Kaboul. Ainsi, la famine, les sanctions perfides des mollahs, la hargne du mari, sa méchanceté gratuite, sa tyrannie, tout rapproche les deux épouses, les rendent complices. Elles tentent de fuir leur vie d’esclave, ensemble.

Aucun reportage, aucun documentaire télévisé ne décrit si bien, à mon avis,  l’horreur de la vie de femmes afghanes de cette époque, emprisonnées dans leurs burkas, soumises, asservies, considérées comme une sous-espèce par le régime odieux des Talibans qui autorisent aux maris toute humiliation et toute violence. Cette description du quotidien, dans les violences de l’occupation soviétique, dans celles de la dictature des extrémistes religieux, met en évidence, mieux qu’un essai, la souffrance des femmes dans Kaboul opprimée. User du régistre romanesque, en effet, rend vivante l’histoire et permet au lecteur d’être en empathie avec les héroïnes.

Pourtant, le style de Khaled Hosseini n’est pas exceptionnel. C’est juste descriptif et bref, mais on doit peut-être cela à une double traduction. En effet, rédigé en langue afghane, le texte a été traduit dans un premier temps en anglais par Joséphine Davis. La troisième version, en français, est celle de Valérie Bourgeois. L’auteur, qui nous avait offert les magnifiques « Cerfs-Volants de Kaboul », y est né, fils d’un ministre des Affaires Etrangères et d’une enseignante de persan. Il est devenu médecin. En 1980, il a obtenu le droit d’asile aux Etats-Unis. Il travaille pour l’agence des nations unies pour les réfugiés et continue à militer pour l’Afghanistan.

Durant toute la période du régime des Talibans, de 1996 jusqu’en 2001, tout divertissement rappelant l’Occident, tel le cinéma, le théâtre, la télévision ou la musique, fut interdit en Afghanistan.

Renaud et Axel Rel nous parle ici, fort à propos, de la violence éternelle, qui pulvérise les vivants et les choses, d’un continent à un autre.

Manhattan-Kaboul – Renaud et Axel Red

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