Nymphéas noirs, Michel Bussi

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Pas moins de cinq prix pour ce roman en 2011.

Impressionniste et nuancé. L’art pictural y est mis à l’honneur. Giverny au caractère champêtre, qui renferme bien des secrets, sert de cadre au sinistre tableau brossé par Michel Bussi. Il faut dire que cet auteur, originaire de Normandie, n’a pas à faire des kilomètres pour aller flâner dans les magnifiques jardins, au bord de l’étang empli de nymphéas, lieux d’inspiration de Claude Monet qui ne donnèrent pas moins de trois cents toiles, dont quelques unes que je vous conseille d’aller admirer au Musée de l’Orangerie de Paris, qui avaient mis le désordre dans le monde de l’art il y a déjà un siècle et demi. « Pas de noir pour Monet », a dit Clémenceau au pied du cercueil du peintre.

L’inspecteur Sérénac, tout nouveau à Giverny,  amateur d’art, ça tombe bien, enquête sur un meurtre, secondé par Sylvio. L’ophtalmo n’avait pourtant rien à se reprocher, sauf son goût pour les femmes et… pour la peinture ! Décidément ! Une piste s’offre aux enquêteurs, une carte postale trouvée sur la victime. Le procédé utilisé par l’assassin fait écho à un autre, datant de 1937. Mais là, nous sommes en 2010. Quelques pistes, quelques personnages, pourraient aider : une institutrice, plutôt pas mal roulée, rêve d’amour et d’évasion, une octogénaire humoriste lorgne les touristes du haut de son moulin, la petite Fanette, devant un chevalet, ne vit que pour son art. L’intrigue policière serait assez classique, vue comme ça, mais l’auteur réussit à piéger le lecteur d’adroite façon, s’adressant à lui par le biais des narrateurs, changeant ainsi de style. La vieille dame, contant son histoire, intervient en se moquant de façon acide à la première personne, comme la petite Fanette au style enfantin qui nous fait part de ses rêves de devenir une grande artiste. Dans ce village qui pourrait être si tranquille, où tout le monde se connaît, un assassin sévit et la loi du silence fait obstacle à l’enquête. C’est assez déroutant, on se dit que c’est un peu incohérent, et même pas possible. En fait, la peinture de Michel Bussi, c’est un trompe l’oeil ! Et on ne s’en aperçoit qu’à la fin, surprenante, qui nous montre que chaque élément du texte contient un sens, fait partie du projet de l’auteur.

Il y a dans ce livre, au delà du roman policier, une documentation importante et authentique sur la peinture impressionniste, sur Monet, sur le travail colossal qu’il effectua dans ce village. Les lieux sont décrits précisément et existent. Il est question de vols de tableaux qui eurent réellement lieu. Il est aussi fait référence à la légende qui raconte que Monet, au seuil de sa mort, aurait peint une toile avec la seule couleur qu’il n’ait jamais voulu utiliser, le noir, représentant des nymphéas. Le thème du secret dépasse ici le propos d’un roman du genre en posant la question : « Et si tous les habitants de Giverny possédait un tableau secret ? »

Claude Debussy, ami de Monet, déclare dans la Revue Blanche, en 1901 : « Quand  vous assistez à cette féerie quotidienne qu’est la mort du soleil, avez-vous jamais eu la pensée d’applaudir ? Vous m’avouerez que c’est pourtant d’un développement un peu plus imprévu que toutes vos petites histoires sonores ? »

Dubravka Tomšič Srebotnjak est Slovène, née à Dubrovnik le 7 février 1940.

Ondine – Dubravka Tomsic, piano.

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Un commentaire sur “Nymphéas noirs, Michel Bussi

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  1. Une fin complètement imprévisible ! Un livre qui m’a accompagnée dans la Creuse et justement dans la vallée des peintres qui a vu passer George Sand, Claude Monet, Rodin et bien d’autres. C’est un livre que j’ai souvent prêté à ceux qui étaient en mal de lecture

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