Le ragoût du septuagénaire, Charles Bukowski

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Cet écrivain anticonformiste est un des plus prolifiques du monde. Quarante cinq volumes, en prose et en vers. Sarcastique et brutal, cynique et malstelechargement-15ain, il décrit avec violence la société américaine. Pas le genre café littéraire, vous l’aurez compris, pour celui dont le style ne fait pas l’unanimité : le vocabulaire est très vulgaire, les descriptions érotiques assez crues en choqueront plus d’un, à l’image de l’homme. Comme il trouve son inspiration dans sa propre existence, il décrit ses débuts d’enfant maltraité, ses bagarres d’ivrogne et la tristesse de sa vie chaotique, mais aussi ses espoirs. Avant de publier pour la première fois, à vingt quatre ans, et reconnu, vers cinquante ans, il exerce les métiers d’employé de bureau, de magasinier, de postier… Il se dit capable d’écrire n’importe quand et n’importe où, aussi vite qu’il descend des canettes de bière.Il collabore au journal « Outsider », avec Allen Gisberg et Jean Kerouac. Il meurt en 1994, à l’âge de 73 ans, sans  jamais laissé personne s’apitoyer sur son sort. Il n’avait aucune éducation, pas de diplôme et rejetait violemment toute forme d’élitisme intellectuel.

« Le ragoût du septuagénaire », oeuvre désabusée, écrite en 1990 par ce vieillard fatigué, usé par une vie d’excès, de mauvais alcool et de nuits sans sommeil, décrit l’enfance battue, l’alcool désespéré, le sexe et la solitude, sous la forme de nouvelles très courtes. C’est l’ouvrage qui, à mon avis, illustre le mieux le style déjanté de ce poète nihiliste et asocial. Récits et nouvelles en prose alternent avec des poèmes aux rythmes anti-académiques. Les personnages sont ceux qu’il rencontre dans les rues sombres, dans les lieux de paris hippiques, les bouis-bouis crasseux, femmes et hommes qu’il regarde et qu’il comprend, qu’il aime à sa façon : serveuses de bars louches, copains de beuveries, travailleurs à la chaîne, entraîneurs de boxe. C’est sincère et précis. la comédie et l’humour sont toujours aussi présents que la douleur, la tristesse de la condition humaine. Il pose dans ces récits ses propres questions sur la société, la vie banale de tous les jours, la mort.

Trash, mais sublime !

Bukowsky aimait les bars. Avant de passer dans l’émission de Pivot dans laquelle il est arrivé complètement éthylisé, il avait fait une bonne tournée dans ceux de Paris. J’aime aussi les bars de Paris, et, entre autres, un endroit qui a malheureusement beaucoup changé depuis quelques années, « La Calavados »,  rue Pierre  de Serbie, où je me rendais souvent dans les années 1970. J’y appréciais de rencontrer le pianiste excellent Jo Turner, qui y jouait et chantait tous les soirs jusqu’à l’aube, en mâchonnant un gros cigare. Je lui en apportais d’ailleurs un de temps en temps. Charles Bukowski aurait bien partagé un godet avec lui. Jo Turner est décédé en 1990, il avait 82 ans.

Jo Turner – Saint-Louis’blues

 

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