Les derniers flamants de Bombay, Siddhar Dhanvant Shanghvi

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Comme je ne souhaite pas revenir sur son nom indien, que j’ai dû reprendre à plusieurs fois pour l’orthographier, et que je vais certainement oublier comme chaque fois que je parle de ses écrits, on l’appellera Shanghvi. Né en 1977, il a collaboré à des revues, comme le Time. Il nous avait comblé avec « La fille qui marchait sur l’eau », publié en 2004, dans lequel il décrivait son pays natal, l’Inde, dans les années 1920, alors que ce pays était sous domination britannique. « Les derniers flamants de Bombay » est paru en 2009. Il est romancier, mais également photographe. Pas étonnant, donc, qu’il ait fait du héros de ce récit, Karan Seth, un chasseur d’images, fraîchement débarqué à Mumbai, mégapole dont il veut faire le sujet de son travail d’artiste. Mais comme il faut manger en attendant la gloire, il est contraint de travailler pour la presse. Pas n’importe laquelle, puisqu’il doit obtenir, pour la revue très people India Chronicle, un cliché de Samar, pianiste virtuose, retiré précocement de la scène, homosexuel connu pour ses nombreuses frasques. La star ne se laisse pas approcher facilement, mais notre héros réussit néanmoins à la rencontrer. Il entre ainsi dans son entourage et se lie d’amitié avec Zaïra, actrice bollywoodienne.

Ce récit, apparemment léger, d’amour et d’amitié, est l’occasion de traiter quelques sujets plus graves inhérents à la société indienne comme la corruption, la dégradation du système judiciaire, la situation des homosexuels condamnés à la prison. L’auteur, prenant pour prétexte un fait divers très controversé, (l’assassinat d’un mannequin, Jessica Lall, en 1997) brosse ainsi des portraits psychologiques très bien développés qui permettent d’aborder ces thèmes essentiels. Une écriture parfois douce et fluide -servie par la traduction de Bernard Turle- propose quelques passages un peu crus au vocabulaire romantico-pornographique, incohérents, des descriptions quasi affriolantes, dignes d’une série Harlequin, qui peuvent interroger, mais qui veulent -peut-être !- illustrer  le chaos dans lequel les personnages évoluent, gravité et esprit, liberté de moeurs de cette élite huppée, fragile, obsédée par l’ambition de célébrité et le sensationnel. Pour tout dire, j’ai eu l’impression, en lisant ce roman de cinq cents pages, que Shanghvi en a trop mis, qu’il aurait pu, qu’il aurait dû, en écrire plusieurs !

Utsav Lal, pianiste indien de Bombay, est accompagné ici au tabla par Sandip Bhattacharya.

Utsav Lal

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