Jours de pluie à Madras, Samina Ali

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Il est temps de rentrer chez toi, Layla. Finies les chères études et la vie aux Etats-Unis. Ta place est là-bas. On t’attends, et tu ne peux pas continuer à vivre avec ta mère. D’ailleurs, il est temps de te marier. Samir est très joli garçon, et pas regardant, avec ça… Mais Samir, ce beau et charmant mari, n’a-t’il pas, lui aussi, de secret ?

Un mariage arrangé, c’est ce qui attend Layla à son retour en Inde. Tout ça pour préserver un lourd secret : elle n’est plus vierge ! Dans cette famille riche et conservatrice,  indienne et musulmane, on ne plaisante pas avec les traditions. Les jeunes filles sont réduites à la soumission, au prix de mensonges, de faux-semblants. Dans une Inde bouleversée par de profondes mutations, les jeunes partent pour faire des études dans des universités occidentales, reviennent en apportant de nouvelles idées dans ce pays où les confrontations entre communautés musulmanes et hindouistes ont toujours lieu, où le poids des traditions ancestrales pèsent encore sur la population.

Sur fond historique, Samina Ali apporte un témoignage solide sur l’état de l’Inde moderne. Avec ce propos sur la condition des femmes, sur les mariages arrangés, l’auteur instruit sur les us et coutumes de la famille indienne, sur le système des castes qui persiste dans les esprits, sur le racisme omniprésent.

Racontée avec beaucoup de détails, toute la cérémonie du mariage, le walima, qui se conclut avec une grande fête qui suit l’affichage du drap taché de sang prouvant la virginité de l’épousée et la consommation, est une plongée directe dans les traditions, l’importance des rituels. Pendant cinq jours et un peu moins de deux cents pages, l’auteure s’attarde sur ce moment qui marque l’immersion de Layla dans le désespoir.

Ce roman, certainement en partie autobiographique, a été récompensé en France en 2005 par le Prix du meilleur roman étranger. Pourtant, le thème du mariage arrangé, de la condition de la femme indienne, a été traitée maintes fois dans la littérature. A mon avis, souvent mieux que dans cette oeuvre au style un peu lourd, aux descriptions un peu trop longues, tout cela au détriment de l’intrigue qui aurait pu être plus développée autour de la double imposture des deux mariés.

Quatrième ville d’Inde, Madras s’appelle aussi Chennai, en Tamoul. Avec sept millions d’habitants, elle peut paraître tentaculaire et hostile au voyageur qui débarque. Port important, Chennai-Madras est très industrielle. Le trafic y est infernal. Et, pourtant, la ville possède un certain charme : elle le doit à sa vie culturelle très intense et à ses belles plages.

Je vous pose d’écouter un peu de cette musique du Tamil Nadu. Dansez, les filles, avant de vous marier !

Kummmi Attan Tamil

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