LA COLLEGIALE de Marrakech

0ce6b83b08de37ecfda933e79b430bff_head_format

La première fois que je suis venue à Marrakech, il y a maintenant une quarantaine d’années (oh ! j’ai osé le dire !), j’avais rendez-vous avec les charmants Christians pour un dîner à la Mamounia. Loin de la citée médiévale de Guérande, loin des fourneaux du joli restaurant de la Collégiale, ces deux-là prenaient un repos bien mérité. Je m’étais bien amusée, comme toujours en leur compagnie et nous avions partagé ma première pastilla. L’autre soir, je les retrouvai avec bonheur dans la ville rouge. Alors, les souvenirs de magnifiques soirées guérandaises au jardin fleuri, ceux les ballons blancs des Noëls fabuleux, et ceux des charmes d’une excellente cuisine sont revenus en vagues. Au delà du chemin parcouru, faisant fi du temps qui a passé, je reconnus dès l’entrée le style exceptionnel des amphitryons. N’allez pas croire qu’ils s’appliquassent, à chaque fois qu’ils déménagèrent, à reproduire décors, accueil et plats en tous lieux ayant leur présence. Il s’agit plutôt d’une ambiance, d’une impression de bonheur à leur suite comme la queue d’une comète. A la Collégiale de Guérande les pierres séculaires et le jardin de curé, à la plage de La Baule les toiles décontractées claquantes sous le vent, au Petit Bouchon le chic d’un bristro parisien. Je suis bien à Marrakech et l’entrée, déjà, se théâtralise en une porte de mille et une nuits, qui se voudrait comme dérobée, que l’on vous aide à franchir en tendant une main discrète. Je suis bien à Marrakech, les rouges de la ville se déclinent sous les lustres, s’emparent des miroirs aux reflets des lanternes. Je suis bien à Marrakech, les Christians, eux, ne changent pas. Ils sont toujours heureux de me voir, m’embrassent et me font croire que je suis en beauté, me font apporter, par une charmante serveuse au yeux de houri, une coupe baroque emplie d’un mystérieux breuvage frais, sucré, pétillant, qui me rappelle que je suis venue pour le plaisir de mon palais, aussi. Et c’est parti, j’aimerais tout goûter. Les excellents produits frais que le Maroc offre si généreusement aux bons cuisiniers sont entre des mains expertes d’un magicien, je peux vous le dire ! Les petits pois à la menthe, servis en amuse-bouche, c’est un petit délice. Je peux vous parler du foie gras, en fondante escalope, exploitant épices et jus. J’ai encore sur les lèvres le goût si particulier d’un tendre fond d’artichaut, servi avec des crevettes, nappé d’un beurre blanc qui mêle ma Bretagne aux délices berbères. Je ne me prive pas d’un bon vin du Maroc, aux accents de soleil, fruité et épicé. Le sorbet d’Hispahan, rose, litchis, framboise (oui, tout y est !) ferme ce repas formidable. Mes convives sont sous le même charme, ravis, comblés. C’était la semaine dernière, ça fait déjà trop longtemps.

A Marrakech, c’est 78, boulevard Hassan II, près de la Grande Poste. Je vous ai tout dit.

photo2jpg

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :