Les boutiques de cannelle, Bruno Schulz

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Pas facile de parler de cette oeuvre de Bruno Schulz ! On peut croire, en feuilletant l’ouvrage, qu’il s’agit de nouvelles. Mais ce sont bien des chapitres liés sur le temps d’une soirée, même si ce n’est pas très facile à suivre. Au début, alors que le narrateur, enfant, arrive au théâtre avec son père, il est renvoyé à la maison pour récupérer le porte-feuille de son père. Il s’égare, passe par la fameuse boutique où l’on achète bonbons et épices, traverse le lycée désert, se retrouve en pleine campagne. Entre la réalité d’une vie de famille, d’un quartier, d’un petit commerce, et le monde onirique où le moindre événement glisse vers d’autres dimensions, le lecteur suit l’enfant qui rêve et se perd. Faisant écho à ses propres fantasmes, l’auteur choisit de transformer les rues et les places de la bourgade tranquille de Drohobycz dans laquelle il vécut, la boutique familiale où son père vendait du tissu, fait subir aux endroits et aux objets qui marquèrent son enfance des métamorphoses, des multiplications obsessionnelles. Toutefois, l’enfant créatif est ramené, comme le lecteur, à la réalité qui reprend ses droits face à l’enchantement, et ceci par des personnages aux réactions pragmatiques et cruelles.

La prose poétique, à l’atmosphère onirique, offre une multitude de métaphores, de comparaisons, mélange d’impressions sensorielles, avec précision voire maniérisme, en rapport avec le psychisme de l’enfance. Foisonnante d’expressions et de mots recherchés, de termes dialectaux, la lecture nécessite une attention soutenue.

D’ailleurs, ce récit a mobilisé quatre traducteurs, pour la même édition. Ce travail, parait-il, fut lent et laborieux. Pas étonnant, car comment, donner de la cohésion à ces récits séparés mais réunis par la même temporalité, la même thématique ? Par ailleurs, Bruno Shultz fut un écrivain difficile à classer dans un genre ou un style. Expressionnisme, surréaliste, certainement. On peut souligner des points communs avec Kafka, pas seulement à cause des mêmes origines juives, mais plutôt sur le plan de la psychanalyse. A de nombreux titres, par conséquent,  on peut supposer que ces textes, parus en français une première fois en 1961, puis en 1974, comportent des imprécisions, des omissions, voire des erreurs d’interprétation.is

En 1942, un soldat SS mit fin à la vie de Bruno Schulz, citoyen de la République de Pologne, né en 1892 comme sujet de François-Joseph. Fils d’un drapier juif, il était devenu professeur de dessin, dans sa ville natale de Drohobycz, aujourd’hui ukrainienne. Il a traduit « Le procès », de Franz Kafka, en polonais. Son oeuvre de dessinateur est riche et très originale, souvent d’expression tourmentée, comme la série de gravures représentant des arbres secs aux formes humaines.

Vladimir Horowitz est considéré comme l’un des plus grands pianistes du XXème siècle. Russe, il est né en Ukraine en1903 et décédé en 1989 à New-York. Ecoutez cette « Polonaise », (op.53) de Frédéric Chopin, enregistrée en 1945.

Vladimir Horowitz

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