Shantaram, Gregory David Roberts

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Aujourd’hui 21 juin, c’est l’anniversaire de Grégory David Roberts. C’est aussi le mien, d’ailleurs. Né en 1952 à Melbourne, Grégory, maltraité par son père, il se révolte, se tire à seize ans de chez lui, lâche aussi le lycée, dommage, il était plutôt bon, dit-on, surtout pour l’écriture, travaille comme soudeur. Plus tard, après avoir tenté des études de philo en cours du soir, il se marie, mais ça aussi, ça part en vrille. Privé de voir sa fille suite à son divorce, il s’accroche à l’héro, fait quelques braquages -faut payer la dope-, et se fait serrer en 1978. Il aurait dû passer dix-neuf ans en taule, mais il a réussi à s’évader. En écrivant, d’abord. Puis en évitant de se présenter dans le cadre de sa conditionnelle. Fuyant l’Australie, il s’embarque pour l’Inde, change d’identité, devient Shantaram, « Le repenti », en dialecte marhati. Dans un bidonville de Bombay, il s’occupe des malades des rues sans soleil, défend les plus pauvres des quartiers les plus dangereux, apprend une nouvelle langue. Malheureusement, il se fait remarquer par la mafia locale. C’est vrai qu’il a un potentiel ! Torturé, emprisonné, il doit céder au chantage, trafique des devises, des passeports, des armes… et descend aux enfers au sein d’une unité de combattants moudjahidin en Afghanistan… C’est cela qu’il raconte, cet aventurier taulard. Dix ans de vie depuis son arrivée dans la poisseuse Mumbai, dix ans de cavale, d’amour et de violence, à l’issue desquelles, arrêté en Allemagne, il se retrouve… à la case départ, en prison, quartier hautement surveillé. Il écrit son histoire.

J’avais beaucoup aimé ce « Papillon » à la sauce curry, que j’avais lu dès sa sortie, en 2003. Je n’ai pas été la seule à avoir apprécié cette aventure, le bouquin de neuf cents pages s’est vendu à quelques trois cent mille exemplaires, traduit, publié dans une trentaine de pays. Il y a même eu, parait-il, des contrefaçons ! Il vient, d’ailleurs, d’être réédité en France. J’avais trouvé dans ce récit intense une sorte de sagesse, une réflexion sur la culpabilité, sur la violence infligée ou subie. Je me souviens de m’être interrogée sur la véracité, sur le fait que c’était bien celui qui se décrivait tantôt comme une espèce de brute, tantôt comme un dandy de grand chemin, qui l’avait écrit, tellement ça me paraissait distancié, contenu, rythmé et concret, voire journalistique. En feuilletant aujourd’hui ce volume, je retrouve certains passages philosophiques un peu naïfs, des rebondissements, épiques, « cousus de fils blancs », des scènes amoureuses à l’odeur d’eau de rose… Qu’importent les faiblesses littéraires, les abus d’aphorismes, les clichés, je relis quelques passages et je plonge de nouveau dans la moiteur de Bombay, reconnais les ruelles étroites emplies de rickshaws, et me souviens tout à coup de ce geste de tête particulier qu’ont les Indiens pour dire oui, que cet auteur décrit si exactement, je pénètre tôt le matin chez « Léopold », dans le quartier de Colaba, et je vois Shantaram siroter son café.

« Shantaram » faisait, je crois, l’objet d’une adaptation au cinéma avec Joël Edgerdon. C’était Johnny Depp qui avait été pressenti à l’origine. J’ignore ce qu’il en est aujourd’hui. L’auteur, lui, est reparti vivre à Bombay, continue à écrire, et prétend qu’il a trouvé la paix. « L’ombre de la montagne », publié en 2015, est son deuxième roman.

Bharati est un spectacle de musique et de danses de l’Inde, interprété par une troupe d’une centaine de chanteurs, danseurs, musiciens et acrobates. On reconnaîtra ici la chanson de Joe Dassin, réinterprétée.

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