Les enfants de la Terre, Jean M. Auel

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Voilà une semaine que j’ai terminé le dernier tome de cette saga préhistorique. Je dois vous dire que ça m’a paru long, mais je m’étais juré d’aller jusqu’au bout. Je ne suis ni experte ni passionnée par l’anthropologie, mais j’ai quand même pensé qu’il était vraiment difficile, voire impossible, de savoir ce que pensait et éprouvait l’humain à cette époque, tant sur le plan sentimental (amitié, affection, amour et jalousie), que sur le plan des émotions (face à un paysage, à la beauté d’un animal,…). De plus, comme le  projet de Jean Auel était d’aborder la question épineuse de la place des femmes,  j’avais considéré d’emblée le pari d’autant plus risqué puisque le concept de féminisme n’est apparu que récemment, à cette échelle, en notre temps et notre monde. Et comme c’est souvent le cas dans le roman historique, l’auteure prête ici aux personnages les raisonnements et les sentiments de contemporains, et même leurs pratiques sexuelles (très détaillées !), prétendant nous faire croire à la délicatesse de cet amant des cavernes, viril, vous pensez bien, mais loin de la brute lorsque qu’il est sous les fourrures et qu’il cherche avant tout à contenter sa femme en lui caressant son « petit bouton » ! Trop mignon ! Elle en fait des tonnes, Jean Auel, la coquine, genre « Cinquante nuances de brun aux temps des cavernes » !

L’action se déroule, on aura compris, il y a à peu près trente cinq mille années. Les premiers Homo-Sapiens et les Hommes de Neandertal vivent dans les mêmes contrées, se partagent à peu près aimablement le territoire, et quelques métissages entre les deux populations de chasseurs-cueilleurs se seraient produits. Notre héroïne, Homo-Sapienne, petite fille, se trouve, à la suite d’un tremblement de terre, seule, et recueillie par des Néandertaliens. Elle devient un personnage important du clan avant d’en être chassée. Par la suite, ses aventures la mènent vers ses semblables. Belle, intelligente, créative, courageuse et forte, elle découvre la technique d’allumage du feu, apprivoise et domestique des animaux, prend conscience de la relation entre la pratique du sexe et l’enfantement. Où qu’elle passe, elle guérit les malades, soigne les blessés, résout les problèmes de délinquance, dialogue avec les adolescents rebelles, perfectionne les outils, invente des recettes de cuisine ; tout ça en se shootant à moult sortes de tisanes à la façon de Carlos Castaneda, et avec l’aide de son amoureux, lui aussi presque sans défaut. Grâce à son hyperactivité, les progrès d’une bonne dizaine de siècles sont ainsi résumés.

Malgré mes difficultés à céder au développement romanesque du récit, j’ai été très intéressée par la qualité des descriptions de la flore, de la faune et du caractère des paysages et des climats, des différences physiques des humains de l’époque, des modes d’organisation sociale, de la fabrication d’objets tels que récipients et outils. La découverte de certains systèmes (traitement des peaux, tissage, utilisation de la pierre à feu, de la possibilité d’apprivoiser un animal, de l’utiliser, est traitée de façon très plausible. Abordant le sujet de l’art et de la spiritualité, il nous est brossé un tableau très respectueux des croyances et des pratiques qui va à l’encontre de bien des ouvrages plutôt condescendants décrivant un sauvage ignorant. On devine un immense travail de documentation, sérieux et réaliste. Mais  comme tout cela est long ! Descriptions documentaires et style romanesque se mêlent de façon maladroite. Répétitions, redondances, vocabulaire souvent mal adapté, rendent la lecture difficile.

Bon, quand même, je verrais les peintures rupestres autrement, maintenant, et le prochain lagopède que je trouve, je jure de le cuisiner à l’étouffée, aux herbes de la prairie.

Pat Bol chante et joue à écrire des chansons avec les enfants des écoles. Profitez avec moi de cette chanson composée avec les élèves du CM1 de l’école René Champhin de Marles-les-Mines.

Pat Bol – Raymond le Cro-Magnon

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3 commentaires sur “Les enfants de la Terre, Jean M. Auel

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  1. A part le tome 2,un peu trop long à mon goût, ce récit très intéressant quant à l’organisation sociale des Néandertaliens et des Homo-Sapiens et leur évolution au fil du temps : fabrication d’objets, méthode de chasse, utilité utilité d’apprivoiser un animal. Enfin, et sans doute parce que ma grand-mère était couturière, cette invention de l’aiguille pour se protéger du froid et surtout l’utiliser pour suturer les plaies.
    Ce livre m’a bouleversée car une longue réflexion personnelle s’est imposée après lecture : l’origine et l’évolution de l’Homme, notre monde moderne, la place des femmes d’aujourd’hui et notre rapport à l’Autre, l’autre Homo-Sapien qui vit dans d’autres contrées et que certains ne veulent pas connaître, ne veulent pas essayer de comprendre .

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  2. Et bien ma petite Marysou j ai le tome 2 a te passer 😊😊😊 nuance de brun n est pas terminé!! Je te le laisse au chaud pour ton prochain sejour chez nous !!! Il me tardait de te lire sur cet ouvrage.

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