Quand la neige danse, Sonja Delzongle

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Une poupée couchée sur la terre d’hiver, persistant à sourire. L’image est prometteuse de suspens. L’exergue, empruntée à Stéphen King, annonce la couleur : « Les monstres existent vraiment, les fantômes aussi… Ils vivent en nous et parfois ils gagnent… ». Comme le roi du thriller, sans voyeurisme, Sonja Delzongle analyse les sentiments humains de façon très maîtrisée, en une vision très réaliste de la douleur des victimes, du caractère extrêmement dérangé du bourreau, de la tension subie par les policiers qui finissent par suspecter tout le monde, tout cela dans l’atmosphère à la fois lourde et glacée d’une petite bourgade plutôt tranquille figée sous l’hiver et sur ses secrets.

C’est là, à Crystal Lake, qu’ont disparu, à quelques semaines d’intervalle des petites filles. Les familles désespérées ont reçu, par la poste, des poupées ressemblant à leurs enfants perdues, habillées comme le jour de leur disparition. Stevens, policier féru de philosophie, phobique des mites et des poignées de mains, enquête. De son côté, Hanah Baxter, profileuse aux méthodes originales, compte sur son pendule « Invictus » pour retrouver les fillettes…

Entre schizophrènes, amnésiques, repris de justice, parents indignes et incestueux, le lecteur est un peu perdu. Il était prévenu : les monstres sont partout. L’auteure, talentueuse, distille au fil du récit, avec mesure, juste de quoi permettre à l’imagination de faire son chemin. De fausses pistes en chausse-trappes, l’intrigue se développe ainsi dans le froid mordant de la neige et des esprits jusqu’au dénouement terrifiant.

Sonja Delzongle manie l’horreur avec brio, parfois avec humour, n’hésitant pas à emprunter, pour les personnages de passage, des noms comme Brian Jones, Raymond Chandler, et, afin d’étayer le scénario, prêtant aux protagonistes des références philosophiques  poétiques, musicales.

Elle s’empare du genre thriller avec personnalité, sans tomber dans ses travers. C’est son deuxième roman, après « Dust », qui se déroule, lui, dans la chaleur de Naïrobi.

La clef de l’intrigue réside, comme le titre le suggère, dans un morceau que Claude Debussy dédia à sa fille Claude-Emma, alors âgée de trois ans. Il fait partie d’une suite de six pièces pour piano, composée entre 1906 et 1908. Jean-Yves Thibaudet, qui interprète « La neige danse » est né à Lyon en 1961, a reçu un prix d’honneur lors des Victoires de la Musique. On lui doit quelques participations à des films, comme « Orgueil et Préjugés ».

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