Le cri – Nicolas Beuglet

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Ecrire un bouquin qui s’appele « Le cri » alors qu’on s’appelle « Beuglet », franchement fallait le faire. Oui, d’accord, la plaisanterie est certainement des plus douteuses, mais voilà, c’est fait.

En revanche, le projet MK-Ultra, dévoilé en 1975, sur lequel s’appuie cet auteur, ce n’est pas de la rigolade. Mené secrètement et illégalement par la CIA pendant une vingtaine d’années, il visait à manipuler mentalement des individus, à l’aide d’injections de psychotropes ou de signaux bioélectriques et autres gâteries. Des techniques de contrôle mental auraient également fait l’objet d’études et d’expériences par l’Union Soviétique, la Chine, la Corée du Nord, sur des prisonniers de guerre. Fidel Castro aurait échappé au traitement, dit-on. C’est une autre histoire…

Le récit débute avec Sarah, inspectrice de police d’Oslo, qui vient de se faire larguer. En piteux état moral, elle se retrouve sur une enquête qui commence dans un hôpital psychiatrique, où un patient vient d’être retrouvé mort par strangulation. Il se serait ainsi suicidé, d’après le personnel soignant. Forcément, notre inspectrice, ça l’interroge, on la comprend ! Sur les traits figés du prétendu désespéré, l’expression de la terreur n’est pas sans rappeler le célèbre tableau d’Edvard Munch, (norvégien comme Sarah), « Le Cri », réalisé en cinq versions entre 1893 et 1917. La mort du patient, que personne ne nomme autrement que par le numéro 488 gravé sur son front, emmène Sarah très loin de ses problèmes sentimentaux en un rythme effréné. Tellement effréné qu’on a l’impression d’être plongé dans un film d’action intense. Alors, c’est plutôt speed, assez effrayant et le sujet est original, les codes du genre maîtrisés. C’est normal, Nicolas Beuglet, scénariste de talent, sait entraîner son public dans les aventures à rebondissements, des coups de théâtre. Malgré quelques clichés, des analyses psychologiques parfois bien abruptes, des comportements trop prévisibles qui souvent m’ont agacée et une intrigue amoureuse somme toute assez inutile soutenue par les habituels violons en fond sonore, j’ai été tenue en haleine jusqu’au dénouement, auquel, ma foi, je m’attendais quand même un peu ! Car il m’était impossible de ne pas faire confiance à Sarah, à son l’intuitivité sans faille, à son entraînement dans les Forces Spéciales. Et par la même occasion à Christopher, brillant journaliste d’investigation, et impliqué dans le terrifiant scénario.

Dans une vidéo d’animation, le réalisateur Sebastian Cosor, spécialisé dans les effets spéciaux, a donné vie au fameux tableau de Munch. Un personnage cadavérique, en proie à l’angoisse, s’agite sur la musique des Pink Floyd.

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