Le voyant – Jérôme Garcin

 

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Le parcours de Jacques Lusseyran, voyant-aveugle, force le respect. A l’âge de huit ans, il perd la vue à la suite d’un accident. Il sera, malgré les difficultés qu’engendre cette cécité, un élève brillant, passera par la khâgne de Louis Legrand, s’engagera dans la lutte de la Résistance à 17 ans. Arrêté en 1943, à 20 ans, il connaîtra l’horreur de Buchenwald, en reviendra. Empêché d’enseigner dans les universités françaises pour cause de handicap, il émigrera au Etats-Unis, où il sera reconnu, édité (« Et la lumière fut », best-seller). Les coups du destin auraient dû abattre l’homme, mais il en sort à chaque fois plus fort, avec un appétit de la vie, une soif avide de connaissances, des passions pour la philosophie, l’enseignement, les femmes, guidé par une espèce de lumière intérieure, n’évoquant que très peu les souffrances, doué de la faculté de résister à ce qui aurait pu le détruire. Oh ! ce n’est pas un saint. Il n’échappe pas à sa part d’ombre et sa liberté de vie choqua certainement l’Amérique puritaine. Grand séducteur, volage, même, il trouva la mort en compagnie de sa troisième femme, sur une route des Pays de la Loire, à l’âge de 47 ans.

Ce destin peu banal d’un homme exceptionnel, résistant oublié injustement en France, est mis en lumière par Jérôme Garcin dans cette biographie. L’écrivain a voulu brosser un beau portrait de l’homme doué, charismatique. L’écriture est très inspirée, mais multiplie les envolées lyriques inappropriées, redondantes, un peu pompeuses, à l’expression quelque peu surannée, émaillée de représentations très parisianiste à propos de la province et de la campagne, évoquant les « hommes simples, peu éduqués et rustres, le ciel comme un roman, les potagers dispendieux… ». Des effets qui heurtent la lecture, et qui n’auront pas agacé que moi, je pense.

Lorsqu’il arrive en Amérique, Jacques Luysseran goûte à la musique folk, au blues, aux sprituals, découvre les voix de Josh White, de Bob Gibson, de Bob Dylan. Il y a surtout Odetta Holmes, Odetta pour ses fans, qui milite pour les droits civiques et qui chante « Ma lumière, petite lumière, je vais te faire briller ». Il a l’impression que c’est à lui qu’elle s’adresse. Il écoute en bouche celle qui dit non à tous les aveuglements.

 

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