On y croit !

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Bonnes fêtes de fin d’année à tous ceux qui croient au Père Noël. Je suis des vôtres et je persiste à faire connaître au rouge grand-père, par courriers de toutes sortes y compris signaux de fumée et envois de pigeons, mes désirs avoués et inavouables : un flacon de « Jicky », (celui d’Aimé Guerlain, le parfum anti-conformiste de l’année 1880), les rêves de jeunesse éternelle, de santé florissante et d’amants vigoureux à la fois créatifs et tendres, et même l’invention rapide de la téléportation (j’aime les voyages mais je n’aime pas attendre dans les salles d’embarquements que la grève soit levée).

Le vieillard caduc, couvert de neige, n’existerait pas ? Tant pis si c’est un mensonge ! Si ce n’est pas vrai « pour de vrai », ce qui est réel c’est quand même la générosité qu’il incarne, le don, l’amour, la fête merveilleuse. C’est ainsi que chaque année à la même date, vous et moi, crédules, nous nous tournons vers notre propre enfance, tout en sachant bien que tous les jouets de la liste ne seront pas dans nos souliers ! Tous les ans, le papi en question fait comme il peut, demain soir nos petits et grands souliers seront garnis et ce sera sans doute encore une fois très bien. Je ne sais pas pour vous, mais j’ai pour ma part acquis (depuis peu !) la sagesse de ne pas prendre mes désirs pour des réalités. Pas besoin de psychanalyse pour m’aider à perdre mes illusions !

Le 24 décembre 1951, les autorités religieuses de Dijon pendirent, aux grilles de la cathédrale, puis brûlèrent sur le parvis une effigie du Père Noël, accusé d’être une idole païenne faite pour détourner du véritable événement à fêter en la nuit du 24 au 25 décembre : la naissance du Divin Enfant. La réaction de la grande majorité des Français ne se fit pas attendre. « Touche pas à mon Père Noël ! », hurla-t’on, et Claude Lévi-Strauss invita ses lecteurs, dans un article intitulé « Le Père Noël supplicié », à réfléchir aux raisons d’une défense aussi passionnée d’un personnage dont le culte n’existait, en fait, que depuis un demi-siècle. L’ethnologue, enchanté d’avoir l’occasion d’observer la croissance rapide d’un mythe et de son rite, comparait le phénomène avec d’autres croyances, comme celle de Saint-Nicolas, des Katchninas des indiens Pueblos ou des Saturnales romaines, dans lesquelles on offre et reçoit cadeaux et félicités. La généreuse distribution de cadeaux symboliserait ainsi, au pic de l’hiver et des difficultés, le triomphe des forces vives sur les puissances avares. De quoi nous inciter à croire au Père Noêl, non ?

Et puis, « rien n’est plus triste qu’une désillusion », disait Arthur Koestler, l’auteur du fameux ouvrage « le Zero et l’Infini », dans lequel il est question d’autres croyances et d’autres déceptions !

Un petit air de Cosma, pour fêter ça ?

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