Bambi Bar – Yves Ravey

 

Léon Rebernack observe, à l’aide de jumelles, Monica et sa fille Caddie, qui travaillent toutes les deux au Bambi Bar, établissement aux activités un peu louches, situé juste en face de son appartement. Si, au début du récit, j’ai pris Léon, chauffagiste plus ou moins déclaré, pour un frustré, un vulgaire voyeur, je me suis aperçue au fil des pages qu’il ne s’agit pas tout à fait de ça. Les flics, eux, qui mènent apparemment une simple enquête de routine à propos d’une jeune fille renversée par une voiture, sont bien dubitatifs lorsqu’ils attestent que des traces, sur son véhicule, proviennent d’un choc récent. Sa carte de séjour est bien en règle, mais Léon a tout pour être suspecté : d’abord il est étranger, menteur et un peu confus dans ses réponses. Alors, les pandores consciencieux parviennent à faire pression sur lui en vue d’obtenir quelques informations n’ayant rien à voir avec l’événement.

C’est que Léon veut ramener chez elle la Jeune Caddie. Elle se produit dans un peep-show tenu par le patron du Bambi et Léon ne peut la rencontrer, s’il veut la sauver, que s’il paie. Il est ainsi obligé de se corrompre et de se mouiller jusqu’au cou avec les flics et avec Valério, paternaliste bien dégueulasse, qui exploite les très jeunes filles.

J’ai bien éprouvé quelques difficultés à situer sur une carte le village d’Oplotnitz, d’où vient Léon. D’un pays de l’Est, sans doute, mais la marque indienne de sa voiture, une « Ambassador »de 72, m’a un peu déroutée. C’est certainement que l’auteur cherchait à m’interdire quelque localisation géographique. C’est adroit, comme l’est l’emploi de phrases réduites, évitant les broderies syntaxiques et l’analyse psychologique des protagonistes, donnant un éclairage intense sur le problème soulevé : le trafic d’êtres humains.

Yves Ravey s’en tient aux faits et la construction, jusqu’au dénouement, m’a tenue en haleine. Pas longtemps, car l’ouvrage est mince, à peine une centaine de pages, mais quand même ! C’est parfaitement huilé, comme tous les romans de cet auteur.

Yves Ravey, de Besançon, né en 1953, écrit aussi pour le théâtre et enseigne les arts plastiques au collège Stendhal. Il a obtenu le Prix Marcel-Aymé en 2004 pour Le Drap et le Prix Renfer en 2011 pour l’ensemble de son œuvre.

« Dans la salle du bar Tabac de la rue des Martyrs, chacun douc’ment oublie l’ombre d’une vie passée, d’une femme, de décombres.
Dans ce cliché funèbre on cherche l’oubli d’un parfum d’une voix
On éteint l’impact encore brûlant de lèvres entrouvertes humides et douces… »

Le groupe « Pigalle » est remanié en 1990 par François Hadji-Lazaro. L’engregistrement d’un deuxième album, Pigalle 2 comprend le morceau le plus connu de leur répertoire. Dans la salle du bar tabac de la rue des Martyrs.

 

 

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