Quand sort la recluse – Fred Vargas

thLe commissaire Adamsberg, toujours un peu barré, revient d’Islande l’esprit encore brumeux : il est rappelé d’urgence aux exigences de son métier. Il doit résoudre une affaire d’homicide déguisé en accident de voiture, mettre fin aux agissements du violeur du 9ème arrondissement… enfin, la routine, quoi, du menu fretin et ça prend à peine vingt quatre heures et une trentaine de pages ! Il est, heureusement et comme toujours, aidé par tous ceux de la brigade du commissariat du 13ème dont on retrouve dans ce récit toutes les petites manies, et même le chat sur la photocopieuse ! Mais une autre énigme, bien mystérieuse celle-là, se présente : un de ses collaborateurs, Voisenet, plus ou moins obsédé par le monde animal, découvre sur le Net une bien étrange affaire : une improbable série de meurtres de vieillards à l’aide d’un venin d’araignées, liée à quelques viols et autant de tentatives d’intimidation. Les capacités de déduction, de réflexion, et l’instinct légendaire du commissaire vont être mis à rude épreuve.

Je connaissais l’existence, au Moyen Age, de ces femmes désespérées qui s’emmuraient étroitement pour échapper au monde ou pour expier. On dit que la jeune fille qui fut malheureusement amoureuse de ce voyou de François Villon termina sa vie ainsi. J’ignorais qu’une araignée portait ce nom. Seule, enfouie, la Loxosceles rufescens ne mord que si on la dérange et injecte un tout petit peu de son venin, rarement mortel, mais -c’est pas joli joli- néanmoins nécrosant. En fait, elle n’est pas très dangereuse et pour en faire une arme, il en faut beaucoup, du venin. Alors, se demande Jean-Bapthiste Adamsberg, pourquoi l’utiliser ? Comme toujours, il dirige son enquête et son équipe au gré de ses protopensées, s’engouffre dans des culs-de-sacs, sur l’histoire de Magellan, rencontre une petite dame au Musée d’Histoire Naturelle, dévore des garbures, retourne des terrains à la bêche…

Encore une fois, ce roman de Fred Gargas, archéozoologue distinguée, médiéviste, nous livre ici, avec cette recluse, un polar très érudit. L’intrigue se développe doucement en se référant aux liens sémantiques entre le monde humain et celui des insectes, à un Moyen Age plus noir encore que l’esprit de François Villon dans lequel les recluses ne sortaient plus jamais.

J’ai trouvé tout ça un peu tiré par les cheveux, les coïncidences trop heureuses, et j’ai vu venir de loin une fin un peu convenue. Mais je ne me suis pas ennuyée, et j’ai eu, pendant une semaine, un peu peur des araignées.

Ce sera Alain Bashung, s’il vous plaît. Tirée de l’album « Pizza », de 1981, cette belle araignée au plafond.

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :