Mon étincelle – Ali Zamir

 

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Anguille sous roche, le premier roman d’Ali Zamir, avait emballé les critiques. Il se trouve que je ne l’ai pas encore lu. Cet auteur comorien apparaissait sur les pages des magazines littéraires et sur le web, charmant trentenaire, élégant et souriant à tous les fervents de l’écriture francophone d’Afrique et d’ailleurs. Sûr, ça donnait envie. Son second ouvrage, couvert des couleurs chaudes des pays du grand sud, trônait la semaine dernière en tête de rayon dans la médiathèque que je fréquente. Je n’ai pas résisté à l’invitation.

Comme son héroïne Etincelle, l’auteur est épris, on le sent, de liberté. Pour donner la parole à cette jeune fille comorienne, il donne libre cours à son esprit, usant d’un champ lexical argotique vernaculaire, de proverbes sortis de tréfonds, de circonvolutions grammaticales, d’élucubrations cocasses dont le lecteur, surpris dans les premières pages, s’empare facilement. Refusant d’obéir aux règles traditionnelles d’un pays plutôt sensible en la matière, il lève les tabous, parle ouvertement de sexe, d’alcool, de corruption. Avec la naïveté et l’humour des personnages affublés de sobriquets qui prêtent à sourire, il décrit une société qui, tout en étant démocratique, conserve les principes des tribus, de la société patriarcale, où de jeunes gens, bien que sur-diplômés, se retrouvent sans emploi.

Entre prose et poésie, entre écriture et réalité, l’auteur nous rappelle qu’il n’existe pas de passion sans souffrance. Douceur et Douleur sont liées, et Etincelle elle-même est née de cette union, de ces deux forces. Partagée entre les sentiments qu’elle éprouve pour deux amoureux, entre deux Îles dans cet avion pris dans les turbulences, elle attend, comme le lecteur, que finisse l’histoire. Si le voyage se termine bien.

Mon Étincelle était finaliste du Prix Méditerranée des lycéens 2017/2018.  Mérité.

Soulaiman Cheikh fait partie des modernisateurs de la musique traditionnelle des Comores. Son oeuvre s’oriente naturellement vers l’expression afro-folk. C’est gai, ça danse, on en profite.

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