Une proie trop facile – Yishai Sared

 

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Trop lente, à mon goût pour un policier, l’histoire m’a cependant permis de remettre à niveau mes connaissances de l’Israël contemporaine, sur sa politique et sur son état socioculturel, un pays profondément marqué par le terrorisme, une nation en guerre, où les valeurs de patriotisme sont très présentes. L’auteur développe, comme un documentaire, les dures conditions de vie des militaires, leur courage et la force du collectif qui traverse les différences ethniques et pratiques religieuses. Difficile d’imaginer Tel Aviv, moderne, au développement cosmopolite, puis, si proches, les zones désertiques, les kibboutz, les zones de conflits.

Le narrateur, jeune avocat de Tel Aviv, désabusé, sans ambition, un peu idéaliste, peu enclin à finir sa carrière dans un grand cabinet aux pratiques douteuses, s’est installé seul. Les clients ne se précipitent pas dans l’immeuble peu reluisant où il a ouvert son bureau. Il est plutôt fauché, embourbé, de plus, dans une histoire sentimentale assez toxique avec une actrice ratée à la vie tumultueuse, sans emploi, qui squatte son appartement et lui reproche son peu d’ambition. Comme il est réserviste de la police militaire, il est sollicité pour résoudre un cas de viol. Au cours de l’enquête qu’il mène afin de choisir de classer l’affaire ou de la présenter au procureur, il rencontre, pour les auditionner, la plaignante, au comportement trouble, déstabilisant, et le coupable présumé, un jeune capitaine de parachutistes, arrogant, au courage exemplaire, admiré de tous et à l’avenir brillant, Il semble qu’en haut-lieu on tienne à ce que l’histoire soit bouclée au plus vite. L’enquête piétine.

Sous la plume de Yischaï Sarid, les descriptions très détaillées de l’agitation de la capitale, ses bruits, ses odeurs, l’ambiance oppressante, violente, des zones de combat, permettent une immersion dans la société israélienne contemporaine. A ce titre, ce livre est intéressant, portrait sans concession de la société, de l’armée. Mais, malgré quelques revirements de situation propres à tout bon polar, le rythme du récit est très lent et le dénouement incertain, comme suspendu… frustrant.

Yishaï Sarid est né en 1965 à Tel-Aviv. Avocat, il est le fils de Yossi Sarid, député, fondateur d’un petit parti de gauche, militant pour la paix, essayiste et poète. De Yishaï Sarid, Actes noirs a publié « Le Poète de Gaza », qui a reçu le grand prix de la Littérature policière en 2011 dans la catégorie « romans étrangers ».

Je vous propose d’écouter Mosh Ben-Ari, né en Israël, en 1970, connu pour avoir écrit et composé des morceaux de musique qui parlent de paix, Profitons-en !

 

 

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