Le garçon – Marcus Malte

 

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De l’océan aux quais de Seine, des tranchées de la Somme dévastée à la forêt amazonienne, j’ai suivi ce garçon, enfant sauvage formé à l’humanité.

Le récit surprend le lecteur, entre roman noir et épopée historique. Une histoire d’hommes qui font la guerre sans savoir pourquoi, une histoire d’amour fulgurante aux accents poétiques. Celle d’un enfant qui n’hérite de sa mère ni nom ni paroles, qu’obstination et courage, elle qui, mourante, demande à être portée devant l’océan. Devenu orphelin, le dos courbé sous le poids de la femme, devant l’immensité bleue, il n’a plus que la force de vivre et d’apprendre. Alors que le lecteur imagine un destin d’animal sans conscience, la vie du garçon sera celle d’un héros, pleine de surprises heureuses, de malheurs, d’amitié et d’amour. Le garçon mutique et sans identité, sans possession, découvre les rapports qui sous-tendent la société, l’affection d’un père, l’amour d’une amante et se laisse atteindre, jusqu’au paroxysme, par l’amour et la guerre.

Les mots décrivent la passion et la mort. On sent que l’auteur les choisit pour leur sonorité, pour leur réalité historique, allant jusqu’à fournir les listes brutes de disparus, des rapports de filiation de familles d’Europe,… Sans crainte du lyrisme, le ton et le vocabulaire changent selon que l’action se déroule sur la route et dans la campagne, dans l’appartement bourgeois où l’adolescent découvre l’amour et l’érotisme, lorsque sont décrits les horreurs de la guerre. C’est cru, cruel, et empreint d’une rugueuse poésie qui dissèque le 20ème siècle, les époques folles et les années à l’odeur de sang ; rien n’est épargné au lecteur des désirs fous d’une jeune fille lectrice du divin marquis, des ébats amoureux tonitruants, des horreurs des tranchées, corps disloqués et pourrissants dans la boue.

Marcus Malte a obtenu le prix Femina pour ce récit magnifique. C’est indéniablement mérité. Connu pour la qualité de ses romans noirs, il conjugue ici adroitement la relation amoureuse, l’histoire, la philosophie.

Réunis dans le salon de musique, les protagonistes fêtent les Rois. « Le piano est un Erard, quart de queue, le hautbois et un Buffet-Crampon, non d’ébène mais de grenadille. Le bois brille comme de la laque noire à la lueur de quatre grands chandeliers ». 

Offrons-nous Robert Schumann et ces romances pour piano et hautbois, écrite, peut-être, pour Clara, sa femme. Cette musique, poétique et passionnée, s’inscrit dans le courant romantique du 19ème siècle.

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