New York Odyssée – Kristopher Jansma

Jacob tourne le bouton de la radio. Il monte le volume à fond et descend les vitres pour que le vent s’engouffre et rugisse à l’intérieur de la voiture… Lorsque je suis tombée sur ce passage, je suis allée immédiatement chercher le titre. Paradise City est interprété par Guns N’ Roses, groupe américain de hard-rock ,formé en 1985. C’est énergique, comme la plume de Kristopher Jansma.

Jacob, Irène, Sara, Georges, William, sortant de l’université, insouciants, turbulents et avides, s’installent à New-York malgré les loyers exorbitants et des difficultés à s’imposer professionnellement. Ils naviguent entre lieux branchés, bars, galeries, restaurants aux goûts du Monde entier, boivent d’improbables cocktails et se réveillent avec la migraine. Ils bossent dans l’édition, la finance, l’art… Leur amitié s’ancre dans la ville, avec elle, dans une ambiance trépidante et surfaite. Mais le long et inexorable deuil qui frappe tout à coup le groupe donne une direction nouvelle à leurs relations. Avec le drame, les blessures intimes font surface…

thConstruite en deux parties, la ballade newyorkaise est infiniment gracieuse, poétique. Au début, l’auteur, conteur à l’impeccable style, décrit l’ivresse de l’amitié, l’insouciance et le plaisir intense d’habiter la mégapole à l’atmosphère unique qui s’impose comme un personnage de l’histoire. Puis, lorsque le drame s’annonce, alors qu’Irène, artiste au charme un peu fou, commence à se battre contre la maladie dévastatrice, chacun, dans le groupe, se trouve confronté de manière individuelle au traumatisme et l’intimité prend le dessus. Malgré l’ironie sous-jacente, l’écriture prend des accents plus graves, plus caustiques. La métaphore de l’Odyssée, d’Ulysse devant affronter son destin, illustre avec pertinence l’idée de la séparation, des départs, rendant hommage à la littérature classique, invite à la lecture du roman voyageur dans une ville mythique. Comme le héros d’Homère, chacun des personnages voit son projet malmené, compromis, par un événement. Mais le Monsieur, qui les connaît bien, ses classiques, peut se montrer un peu agaçant lorsqu’il nous assène les références littéraires et artistiques, ce qui ne fait qu’allonger le texte parfois inutilement. La fin, par ailleurs peu crédible, me fut décevante. L’auteur semble avoir abandonné ici le style soutenu, le caractère épique, la brillance poétique de l’ensemble du récit.

Traduit par Sophie Troff, c’est le deuxième roman de Kristopher Jansma, après « La robe des léopards », qui reçut des critiques élogieuses dès sa sortie. Né en 1982 dans le New-Jersey, il vit à New-York. Auteur de fictions, essayiste reconnu, il écrit également des articles pour le New-York Times, l’Electric Literature,…

 

 

 

 

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