La disparition de Stéphanie Mailer – Joël Dicker

 

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Encore une fois, l’auteur nous entraîne dans son Amérique à lui, dans une petite ville des Hamptons tranquille comme un tableau de Hopper. Pourquoi, d’ailleurs, aurait-il abandonné la recette qui avait plutôt bien marché ? Une espèce de vrai-faux roman américain, comme « L’affaire Harry Québert » dans lequel il n’avait pas hésité à effrontément plagier Philip Roth, vrai américain qu’il disait admirer, et « Le livre des Baltimore » qui réunissait les ingrédients d’une mixture littéraire à succès, bourrée de clichés et de banalités, sans émotion, au style pauvre et plat. 

Stéphanie Mailer, appelée à disparaître comme l’indique le titre, s’est fait virer de son emploi de journaliste à New-York et vient s’enterrer à Orphea, petite ville où se déroule chaque année un festival de théâtre. Elle collabore à la feuille de chou locale. Comme elle n’a pas grand chose à faire, elle se penche sur un fait divers datant d’une vingtaine d’année, le meurtre du maire, de sa famille et d’une jeune femme qui faisait du sport dans un parc. Le coupable avait été identifié et il est décédé au cours d’une course-poursuite. Apparemment, c’était une erreur, ce n’était pas le bon coupable ! 

Entre alors en scène une bande de personnages caricaturaux : des flics déprimés aux lourds passés, une adolescente attardée haïssant ses parents riches, un critique littéraire frustré et pervers, des vieux grincheux, un micheton dépassé par une maîtresse dominatrice et même une pute au grand cœur. J’en passe. C’est vous dire qu’il y a du monde ! 

L’auteur suisse qui écrit en Français , interviewé, indique que « La disparition de Stéphanie Mailer » n’est pas un polar. Bon. Ce serait un vrai faux polar, et un faux-vrai roman américain ? Pourtant, les clichés polaraméricains sont au rendez-vous. J’ai hésité, pour ma part, à classer ça dans le genre vaudeville, satyre ou farce sociale, conte burlesque… De temps en temps, d’ailleurs, j’ai senti comme une envie de tourner au roman russe. Mais donner du Nathasha et du Darla à des cantinières de talents, proposer des rendez-vous au « Beluga », ça ne suffit pas. Les références de Monsieur Dicker, étalées sans nuances, sont sans saveur et son propos n’a pas l’âme slave. En tous cas, il s’agit là d’un texte bancal servi par une syntaxe approximative, (des dialogues où les personnages s’expriment au passé simple), une pauvreté affligeante de la langue française (je m’énerve toujours quand un auteur emploie le verbe « se masser » à propos d’une foule ; je ne peux pas m’empêcher de penser à des séances de massage collectif, vous voyez le tableau ! Alors, plusieurs fois dans le même livre, faut pas exagérer !)  Usant des codes de la dramaturgie et de la mise en scène, le monsieur ose semer quelques didascalies maladroites en début de chapitre, peut-être pour inciter le lecteur à poursuivre cette intrigue poussive et mal ficelée.

Plutôt beau gosse et télégénique, le trentenaire Helvète Joël Dicker ! Mais ce qui m’irrite, c’est qu’avec cette allure de jeune homme lisse et présentable, sourire Colgate et linge repassé, il obtienne le grand prix du roman de l’Académie Française, le prix Goncourt des Lycéens… Faudrait un peu de talent, en plus, non ?

Claude Bolling joue ici le thème de « La panthère rose », qui évolue dans des histoires policières absurdes et surréalistes, dessin animé de Fritz Feleng. Le thème musical a été composé par Henry Mancini.

 

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