La face cachée de Margo – John Green

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Il parait, mais je ne l’ai su qu’après l’avoir terminé, que ce roman était destiné à des adolescents. Je l’ai lu, pourtant, sans me douter que j’étais (un peu) loin de la cible de l’auteur. J’ai su également qu’un film a été tourné, « Paper Town », de Jake Schreier, avec Nat Wolff et Clara Delevigne. Ce titre correspond, beaucoup mieux, à mon avis, au sujet du récit. Cette intrusion dans un monde d’adolescents m’a fait passé un assez bon moment, puisque je n’ai pas oublié ma propre adolescence, aussi errante.

Margo, égocentrique, mystérieuse, frappe à fenêtre de Quentin une nuit. Enfin ! Il fantasme sur elle depuis l’enfance. Un événement traumatisant les avait fait se séparer. Cette nuit, elle l’entraîne dans une folle nuit blanche, une expédition vengeresse à l’adresse de son ex-petit ami. Le lendemain, au lycée, Margo n’apparaît pas. Elle a laissé, cependant, des indices pour que Quentin la retrouve. Enigmes, poèmes, traces, que Quentin et ses copains vont tenter de décrypter.

Le road-trip initiatique de Quentin les mène très loin. A la recherche de Margo, les garçons, hantés par leurs questionnements de futurs adultes, sont entraînés dans des lieux étranges, villes modernes mais mortes, abandonnées, qui, quelquefois, n’existent que sur les cartes, appelées « Paper Town ». J’ai ainsi appris que, sur la carte de l’Etat de New-York, existe un endroit inventé de toutes pièces par deux géographes dans les années 30. Agloe. Ce que n’avaient pas prévu les faussaires, qui avaient inventé ce stratagème afin de lutter contre le plagiat, c’est qu’un promoteur y planta un magasin et que l’endroit, finalement, s’est mis à exister, puis à disparaître totalement de la carte. Ne cherchez pas Algoe et le magasin sur Google-Maps, il n’y a plus rien ! Au-delà de cette histoire, la métaphore est intéressante : d’énigmes en morceaux de poésie semées par Margo, on découvre peu à peu que l’adolescente se cherche aussi, une fille de papier, comme cette ville qui n’existe pas et où, pourtant, elle se cache.

Il ne s’agit pas d’une histoire d’ados américains en fin de lycée avec le bal en robes pastel. John Green ne fait pas dans ce genre. Et c’est bien écrit, les portraits des personnages sont bien brossés, attachants dans leur complexité. On est loin des histoires de jeunes lycéens américains en fin de scolarité, qui attendent le bal de l’école, d’un conte d’amour triste. Un bon roman donc, pour adolescents ou adultes, qu’importe, mais qui parle de la fuite du quotidien, de la peur de l’ennui, sur l’amitié. Souvent caustique, drôle, le récit s’émaille de belles références à la poésie américaine ; ça ne gâche rien et ça n’a rien de pompeux. Juste ce qu’il faut pour qu’on ait envie d’aller voir.

Plébiscité par les adolescents, le roman a été récompensé par le Edgard Award dans la section « Meilleur livre pour le public jeune-adulte ». John Green est né à Indianapolis en 1977. Il écrit surtout pour le public jeunes adultes. On lui doit notamment « Nos étoiles contraires », « Qui es-tu, Alaska ? ».

Margo a des goûts très éclectiques en matière de musique.  John Coltrane, Dizzy Gillepsie, Bob Dylan, Georges Harrisson, Green Day… Ses disques sont rangés parfaitement, en ordre alphabétique. J’ai choisi « Guided by Voices », groupe de rock indépendant, originaire de Dayton, dans l’Ohio.

 

 

 

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