La drôle de vie de Zelda Zonk – Laurence Peyrin

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Le thème rebattu du désir de changer sa vie ! Voilà les aventures d’Hanna, flanquée d’un mari intelligent et plutôt aisé, ancien grand reporter converti en auteur de romans policiers. En plus du cliché de l’épouse comblée mais qui aurait aimé avoir un enfant, on me servait celui de la pente difficile à remonter après un accident de la route. Terrible, celui-là, car l’auteure n’y allait pas de mainmorte : jour de pluie, carambolage, trente morts, le coma, chambre blanche, tout y était. Malgré ma crainte de tomber dans la mièvrerie habituelle, je suivais la jeune femme jusqu’à la chambre d’hôpital où elle se réveillait après le choc. Je me dis alors que je m’étais trompée de personnage principal, puisque près d’elle, dans le lit d’à côté, il y avait une autre femme. Je me souvenais alors de ma mère, qui, admiratrice de Marilyn Monroe, et convaincue de complot à propos de sa disparition, m’avait fait lire une biographie de l’actrice, dans laquelle j’avais découvert que, sous le nom de Zelda Zonk, elle passait inaperçue lorsqu’elle était lasse des flashes.

La voisine de chambre, c’est elle : Zelda Zonk. Ou tout au moins le laisse-t’elle penser. Cette octogénaire, joyeuse, positive et experte en broderie au propre comme au figuré, esquive avec adresse les questions sur son passé en laissant planer tous les doutes. Pourtant, si Hanna, comme moi, compte bien, elle doit considérer que ça fait quand même une bonne cinquantaine d’années que Marylin est morte. Mais si vraiment Zelda était Marilyn, si l’actrice avait vraiment souhaité passer de la célébrité à l’anonymat, serait-il possible, pour elle, de changer de vie ? Pourrait-elle quitter son existence, qui lui paraît soudain un peu monotone, surtout après avoir rencontré le fils de sa voisine, doux, attentionné pour sa maman, beau et célibataire ? Voilà : je retombais dans le mélo… C’est sans doute là que ma mère, déçue par la tournure que prenait l’affaire, aurait lâché la lecture.

Moi, au fil des pages, avec l’impression trop nette d’avoir plongé dans un roman à l’eau de rose, j’écoutais les belles histoires de Zelda Zonk au risque de me laisser entraîner par les interrogations existentielles d’une godiche, m’en laissait compter de la verte campagne de Cork à l’agitation parisienne, puis à l’inévitable New-York, histoire de compléter le tableau. Tous les poncifs de la mauvaise romance y étaient, plus ou moins épicées par quelques parties de jambes en l’air. Je réalisais que j’avais été plus ou moins intéressée, et pas plus intelligente que lorsque j’avais ouvert ce pavé, finalement assez médiocre et, par conséquent, un peu trop lourd.

Laurence Peyrin a été journaliste pendant vingt ans. Que n’y restat-elle point. Elle a obtenu, en 2015, le prix des Maisons de la Presse avec cet ouvrage. Peut-être mérité, décerné par des lecteurs peu exigeants, des vendeurs de journaux et de lecteurs de roman gare, somme toute.

Hannah écoute Dépêche-Mode en réparant les fauteuils, et Zelda Zonk du Vivaldi sur un mauvais transistor. Pas de quoi faire vibrer, dans cette histoire. Et si on rejoignait, à l’occasion, Marylin ? Pou ! Pou ! Pidou!

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