La vie ne danse qu’un instant – Thérésa Révay

sans-titre

Une petite révision sur l’histoire de la seconde guerre mondiale, ça ne pouvait pas me faire de mal. D’autant plus que, très évidemment, Thérésa Révay est bien documentée sur la question. L’ascension des régimes fascistes, nazis, est décrite, avec le sérieux que le sujet impose, dans ce roman qui traverse le temps et les lieux, de l’Ethiopie d’Haïlé Sélassié à l’Italie de Mussolini, d’Egypte en Espagne. En cela, puisqu’il repose sur de solides références historiques et sociologiques, le témoignage présente un réel intérêt.

Une forte femme que cette Alice Clifford, passionnée par son métier de correspondante de guerre, courant des sables brûlants de la corniche d’Alexandrie à la boue des tranchées, des couloirs du Vatican aux trottoirs ensanglantés de Berlin ! Une femme éprise de liberté, et, en plus, amoureuse de messieurs aux idéaux si différents, honorables princes romain, agent de l’Abwher, … ! Un peu tourmentée entre passion et conviction, la jolie dame.

J’ai suivi les aventures d’Alice au Pays des Horreurs, sans trop savoir où l’auteure voulait en venir avec ces histoires d’amourettes. J’ai été un peu agacée par les trop nombreux clichés dans lesquels elle s’est engouffrée : celui de la femme indépendante et libre des années 30, de l’ex-mari, amoureux aux yeux de velours, riche et égyptien, qui attend dans son palais, un reporter allemand cynique au cœur tendre, ce noble romain, ce trop jeune combattant, castillan illettré ! Les lieux, même, n’échappent pas au genre : villa blanche dans la palmeraie, terrasse romaine où l’on s’énivre élégamment. J’ai trouvé beaucoup plus crédibles, cependant, les descriptions, l’ambiance réaliste des hôtels où se retrouvent les correspondants de guerre dans les villes tourmentées.

Il s’agit donc d’une romance, sur fond d’histoire mouvementée et terrible. La recette, pourtant équilibrée, m’a un peu déçue. Malgré l’éclairage sur l’action politique, lourde parfois de compromissions et de connivences, sur les décisions aveugles et souvent lâches qui mènent au chaos, le récit manque de puissance. L’hommage que l’auteure tentait de rendre aux femmes correspondantes de guerre, dans un métier plutôt masculin, est un peu floue, brouillée, parasitée par les émois amoureux auxquels j’ai eu du mal à croire. Néanmoins, j’ai pensé, au cours de cette lecture, à d’autres femmes journalistes de la même époque : Sigrid Schultz, du Chicago Tribune, Dorothy Thompson, du New York Herald, Martha Gellhorn,… Notre belle Alice est un condensé de ces femmes. C’est un peu beaucoup.

Thérèsa Révay est née en 1965 à Paris. Après avoir fait des études littéraires à La Sorbonne, elle se passionne pour l’histoire. Depuis 1988, (L’ombre d’une femme), les périodes tumultueuses du 20ème siècle lui ont inspiré l’écriture de plusieurs ouvrages où elle en recrée le contexte historique. La vie ne danse qu’un instant a été publié en 2017.

A Rome, le 8 mai 1938, Hitler rend visite à Mussolini. Cette visite renforce l’axe Rome-Berlin. Les images réelles de ce défilé, frappantes, s’incrustent dans le film d’Ettore Scola, « Une journée particulière ». Alors qu’Antonietta (Sophia Loren) apprend à danser la rumba avec Gabriele (Marcello Mastroianni), le speaker officiel du régime commente l’événement. Les deux sons se croisent…

 

 

 

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