En Avignon : Mirabilis! Non enim tantum !*

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* Merveilleux ? Pas tant que ça !

Merveilleux, singulier, étonnant, admirable, prodigieux ! C’était dit. L’affiche, aux allures délicieusement surréalistes, était prometteuse. Je passerai, certainement, un moment formidable dans le décor déjà spectaculaire de la Grande Chapelle du Palais papal d’Avignon. Orchestrée par l’Arlésien Christian Lacroix, le manifeste m’invitait à la découverte des œuvres, objets, documents, issus des riches collections des musées avignonnais. Quelque quatre cents pièces d’une grande diversité, tant sur le plan de l’art, de la préhistoire à l’art moderne, que sur les aspects ethniques, naturels, promettaient de me transporter de surprise en surprise en offrant à mon regard un ensemble inattendu à la manière d’un cabinet de curiosités, clin d’œil à cette pratique chère au siècle des Lumières. L’éminent scénographe, au goût connu pour le baroque, allait ainsi me conter l’histoire des musées de la cité des papes et je m’exclamerai devant son talent.

Il faut dire que le choix de Christian Lacroix, spécialisé dans la surabondance, n’avait pas été fait au hasard : Madame la maire d’Avignon, Cécile Helle, ramenait l’Arlésien à ses premières amours, lui qui avait rêvé de devenir conservateur de musée. Il n’avait plus qu’à puiser dans les riches réserves avignonnaises, leur donner de l’âme et ainsi faire tableau en mêlant oiseaux empaillés, vertèbre d’Innocent VI, crâne d’hippopotame, papillons épinglés, tableaux italiens et santons provençaux…

Mais je ne m’exclamai point. La présentation des pièces, que l’artiste arlésien avait qualifié d’impulsive, évitant le discours didactique, se révélait peu singulière, pas très originale. Ce bric-à-brac sans conteste de qualité aurait mérité un peu plus que de simples vitrines, cimaises et estrades. Si j’ai ressenti, çà et là, que les objets étaient disposés adroitement en vis-à-vis, en voisinages tantôt formels, tantôt thématiques, en clin d’œil, loin de moi l’envie de m’extasier, de m’étonner… Alors que j’attendais des brocards, des ors, du mouvement, j’ai eu droit à la triste couleur beige des vitrines, à l’éclairage banal. Une scénographie finalement très commune, qui ne sortait pas des sentiers battus, sans esprit et sans originalité.

Alors, sans tenir compte du sens de la visite et passant directement par la chambre papale aux magnifiques fresques, j’ai visité le reste du Palais.

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